BONHEURLes philosophes grecs se fixaient pour tâche d’élaborer une sagesse permettant d’accéder au bonheur. Mais un désaccord profond existait alors entre les partisans de deux conceptions très différentes du bonheur : les approches hédoniste et eudémoniste. Les philosophes hédonistes posent le plaisir comme bien suprême. Pour eux, le but de la vie consiste à éprouver la quantité maximale de plaisir, et le bonheur est la somme des moments hédonistes d’une personne. De grands noms de la philosophie grecque, en particulier Aristote, Platon et Socrate, se sont vigoureusement opposés aux hédonistes, en prônant un idéal « eudémoniste » de l’existence. Le principal représentant de ce courant est Aristote, pour qui « le bonheur est l’activité de l’âme dirigée par la vertu » (1). Le bonheur implique donc « une vertu parfaite et une existence accomplie ». Aristote ne rejette pas pour autant le plaisir, mais considère, contrairement aux hédonistes, que celui-ci n’est pas le bien en soi, mais plutôt une conséquence du bien. Divers philosophes contemporains se réclament de cette vision du bonheur, qui est assez proche du concept actuel de sens de la vie. C’est notamment le cas de Paul Ricœur qui qualifie de visée éthique « la visée de la "vie bonne" avec et pour autrui dans des institutions justes » (2). Par ailleurs, que nous dit la Bible sur le bonheur ? (3) Le mot n’existe pas en hébreu biblique et est rare dans le grec biblique. La Bible préfère parler de « vie » ou de « joie ». Dans le Nouveau Testament, l’adjectif grec makarios est présent à plusieurs reprises en particulier dans les Béatitudes des Evangiles : « Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés (…) Heureux ceux qui font œuvre de paix : ils seront appelés fils de Dieu… ». La Bible ne donne donc pas de conseil pour découvrir le bonheur, mais décrit plutôt une situation déjà existante, résultat d’une conduite conforme à la justice. Les recherches psychologiques actuelles, sur la base d’enquêtes réalisées auprès de larges populations, éclairent fortement les débats de la philosophie antique en montrant que le bien-être et le sens de la vie constituent deux facettes à la fois proches et différentes de l’expérience humaine. En effet, Plutôt que d’assimiler bien-être et bonheur comme le font les philosophes hédonistes, en évacuant toute référence au sens de la vie, il semble plus pertinent de considérer que le bonheur résulte de la présence conjointe du bien-être (facette émotionnelle à court terme) et du sens (facette cognitive à long terme) (4). © Jacques Lecomte Une approche particulièrement originale du bonheur est celle adoptée par Mihalyi Csikszentmihalyi, professeur émérite de psychologie à l’université de Claremont en Californie (5). Il a mené un vaste programme de recherches sur le flux (flow) ou expérience optimale, termes qui désignent l’état dans lequel se trouve un individu fortement engagé dans une activité pour elle-même. Pourquoi avoir choisi ce mot ? Tout simplement parce que plusieurs des nombreux sujets qu’il a interviewés lui ont répondu qu’ils se sentaient alors comme portés par un flux. Par exemple, un compositeur, interrogé sur la façon dont il se sentait lorsqu’il écrivait avec aisance de la musique, a répondu : « On est dans un état extatique à un tel point qu’on sent comme si on n’existe presque plus. J’ai éprouvé cela à diverses reprises. Mes mains semblent détachées de moi-même, et je n’ai pas à intervenir dans ce qui est en train de se passer. Je suis simplement assis à observer, dans un état d’émerveillement. Et la musique jaillit d’elle-même, comme un flux. ». Les recherches réalisées sur le flux auprès de milliers de personnes à travers le monde ont montré que l’expérience optimale est décrite de la même façon à l’occasion d’activités très différentes, par les femmes et les hommes, les jeunes et les moins jeunes, les gens de différentes conditions sociales et de différentes cultures. Les sensations éprouvées par un nageur qui traverse la Manche sont à peu près identiques à l’expérience intérieure d’un joueur d’échecs en plein tournoi ou d’un alpiniste qui gravit la montagne ou encore d’un musicien qui compose une œuvre. (1) Aristote (1965), Ethique de Nicomaque, Paris, Garnier-Flammarion, p. 31. (2) Ricœur P. (1990), Soi-même comme un autre, Paris, Seuil, 1990, p. 202. (3) Briend J. (1996). Le bonheur dans la Bible, in H.-J. Gagey (dir.) Le bonheur, deuxième cycle de théologie biblique et systématique, Paris, Beauchesne, p. 53-90. (4) Lecomte J. (2007), Donner un sens à sa vie, Paris, Odile Jacob. (5) Csikszentmihalyi M. (2004). Vivre, la psychologie du bonheur, Paris, Robert Laffont. Csikszentmihalyi M. (2005). Mieux vivre en maîtrisant votre énergie psychique, Paris, Robert Laffont. Par Jacques Lecomte Crédits photos : Brebca © Fotolia (bébé) ; Nicolas Crocheton © Fotolia (alpiniste) Vous trouverez une description plus détaillée de ce thème dans le chapitre 9 du livre de Jacques Lecomte, Donner un sens à sa vie, Paris, Odile Jacob, 2007. Ce document peut être repris, partiellement ou intégralement, à condition d’en indiquer la source : © Jacques Lecomte - http://www.psychologie-positive.net/ |
mercredi 20 mars 2013
mardi 12 mars 2013
Trouver le bonheur : enjôler votre cerveau pour qu'il tende vers la gauche
Trouvez le bonheur : enjôlez votre cerveau pour qu’il tende vers la gauche
Par
DANIEL GOLEMAN le 4
février, 2003
Il
Y A DE ÇA BEAUCOUP TROP d'années, pendant que j'étais toujours
étudiant en psychologie, j'ai dirigé une expérience pour évaluer
comment la méditation pourrait agir comme un antidote au stress. Mes
professeurs étaient incrédules, mes mesures étaient faibles et mes
sujets étaient surtout des étudiants de deuxième année de
collège. Pas étonnant, que mes résultats furent peu concluants.
Mais
aujourd'hui je me sens disculpé.
Certes,
au cours des années il y a eu des tas d'études qui ont regardé la
méditation, quelques-unes évoquant ses pouvoirs de soulager les
effets néfastes du stress. Mais le mois dernier seulement, j’ai vu
une étude définitive qui confirma mon hypothèse, jadis douteuse,
en révélant le mécanisme du cerveau qui pourrait démontrer la
capacité unique de la méditation à calmer.
Les
données ont émergé comme un parmi tant d’autres fruits
expérimentaux issus d'une collaboration improbable de recherche: le
Dalaï-lama, le chef religieux et politique Tibétain en exil et
quelques psychologues et neuroscientifiques chevronnés des
États-Unis. Les scientifiques et le Dalaï-lama se sont rencontrés
pendant cinq jours à Dharamsala, en Inde, en mars de l’an 2000,
pour discuter comment les gens pourraient mieux contrôler leurs
émotions destructives.
Un
de mes héros personnels dans ce rapprochement entre la science
moderne et la sagesse ancienne était le Dr Richard Davidson, le
directeur du Laboratory for Affective Neuroscience de l’Université
du Wisconsin. Dans une recherche récente en utilisant l’I.R.M
fonctionnel et l'analyse avancée d'EEG, le Dr Davidson a répertorié
les points précis des humeurs dans le cerveau.
Les
images du I.R.M. révèlent que quand les gens sont bouleversés
émotionnellement— inquiets, furieux, déprimés — les endroits
du cerveau les plus actifs sont des circuits qui convergent sur
l'amygdale (une partie des centres émotionnels du cerveau) et sur le
cortex préfrontal droit, (une région du cerveau essentielle pour
l'hyper vigilance caractéristique des gens sous tension). En
contrepartie, quand les gens sont dans des humeurs positives —
optimistes, exaltés et stimulés — ces endroits sont au repos, et
l'activité accrue se situe dans le cortex préfrontal gauche.
Effectivement,
le Dr Davidson a découvert ce qu'il croit être une façon rapide de
répertorier la gamme d'humeurs typiques chez une personne, en
étudiant l'activité dans les régions préfrontales droite et
gauche. Cette méthode aide à prédire les humeurs quotidiennes avec
une exactitude surprenante. Plus le ratio indique vers la droite,
plus une personne a tendance à être malheureuse ou bouleversée, en
contrepartie, plus l’activité tend vers la gauche, plus la
personne est heureuse et exaltée.
En
prenant des lectures sur des centaines des personnes, le Dr Davidson
a établi une courbe de distribution normale, dont la plupart des
échantillons se situait au milieu et avait un mélange de bonnes et
de mauvaises humeurs. Les personnes situées le plus à droite
étaient relativement peu nombreuses et sont plutôt susceptibles de
souffrir d’un désordre d'anxiété ou de dépression clinique au
cours de leur vie. Pour ces fortunés peu nombreux qui se situaient
le plus à gauche, les humeurs d’inquiétudes seraient rares et le
temps de récupération, rapide.
Ceci
peut expliquer d'autres sortes de données qui suggèrent un endroit
établi biologiquement pour nos diverses émotions. Par exemple, on a
découvert qu’aussi bien pour les gens fortunés qui ont gagné à
la loterie que pour ces âmes malchanceuses qui sont devenues
paraplégiques suite à un accident, que leurs humeurs quotidiennes
étaient redevenues les mêmes qu’avant les événements marquants
seulement un an plus tard, à peu de variation près.
Par
hasard, le Dr Davidson a eu l'opportunité d'évaluer le rapport
gauche-droite d’un moine Tibétain âgé, qui se situait à la plus
extrême gauche des 175 personnes testées jusque là.
Le
Dr. Davidson annonça cette découverte remarquable lors d’une
rencontre entre le Dalaï-lama et les scientifiques en Inde. Mais la
découverte, quoiqu’intrigante, souleva plus de questions que de
réponses.
Était-ce
seulement une excentricité, ou un trait particulier des moines, ces
Bouddhistes Tibétains qui s’apparentent à des prêtres ou des
enseignants spirituels? Ou y avait-il quelque chose de particulier au
sujet de leur entrainement qui pourrait agir sur leur biologie et
leur donner le bonheur perpétuel ? Et si c’était le cas,
s'interrogea le Dalaï-lama, serait-il possible d’isoler cet
élément du contexte religieux afin de le partager pour le bien de
tous ?
Une
réponse hypothétique à cette dernière question est venue d'une
étude que le Dr Davidson a faite en collaboration avec le Dr Jon
Kabat-Zinn, fondateur de la Mindfulness-Based Stress Reduction Clinic
à l’Université du Massachusetts Medical School, Worcester.
Cette
clinique enseigne le contrôle mental aux patients atteints de
maladies chroniques de toutes sortes, pour les aider à mieux prendre
en main leur pathologie. Dans un article accepté pour la publication
dans le journal Psychosomatic Medecine les Drs. Davidson et
Kabat-Zinn signalent les effets de s'entraîner à la «méditation
du contrôle mental», une méthode extraite à l’origine du
Bouddhisme et maintenant largement enseignée aux patients dans des
hôpitaux et des cliniques partout aux États-Unis, ainsi que dans
beaucoup d'autres pays.
Le
Dr Kabat-Zinn a enseigné le contrôle mental à des travailleurs
dans une société de biotechnologie à haut rendement pendant
environ trois heures par semaine pour plus de deux mois. Un groupe
comparatif, formé de volontaires de la compagnie, a reçu la
formation plus tard, bien qu'eux aussi ont été évalués avant et
après l’enseignement du Dr Davidson et de ses collègues.
Les
résultats étaient de bon augure pour les débutants, qui ne
recevront jamais la formation de moines bouddhistes. Avant
l'entraînement au contrôle mental, les travailleurs s’inclinaient
en moyenne vers la droite dans le répertoire des humeurs. En même
temps, ils se plaignaient de sentiments de stress. Néanmoins, après
l'entraînement, pour la moyenne des gens, le répertoire d'humeurs
s'était déplacé à gauche, vers la zone positive. Simultanément,
leurs humeurs s’étaient améliorées; ils signalaient le sentiment
d’être à nouveau engagés dans leur travail, plus stimulés et
moins anxieux.
En
bref, les résultats suggèrent que le répertoire d’humeurs peut
se déplacer, avec le bon entraînement. Dans la méditation par le
contrôle mental, les gens apprennent à prendre conscience de leurs
humeurs et de leurs pensées et à éliminer celles qui pourraient
les orienter vers la détresse. Le Dr Davidson émet l’hypothèse
que l’entraînement arrive à renforcer une matrice de neurones
dans le cortex préfrontal gauche qui empêche les messages
producteurs d’émotions négatives provenant de l'amygdale.
Le
Dr Davidson annonça qu’un autre avantage pour les travailleurs,
était que le contrôle mental a semblé améliorer la résistance de
leurs systèmes immunitaires, mesuré par la quantité d'anticorps
contre la grippe dans leur sang après avoir reçu une injection
antigrippale.
Selon
le Dr Davidson, d'autres études suggèrent que si les gens dans deux
groupes expérimentaux sont exposés au virus de la grippe, ceux-là
qui ont appris la technique du contrôle mental connaîtront des
symptômes moins sévères. Plus le répertoire d’humeurs se
situait à gauche, plus la mesure du système immunitaire était
élevée.
Le
but de l'entraînement au contrôle mental est d’apprendre à
prendre conscience de nos sensations et pensées perpétuelles, à
travers la méditation en position assise que dans des activités
comme le yoga.
Maintenant,
avec la bénédiction du Dalaï-lama, on en est venu à étudier un
petit groupe de moines hautement entraînés. Ils ont tous passé au
moins trois ans en retraite méditative solitaire. Avec autant
d’entraînement, on les place dans la catégorie des maîtres comme
pour d’autres disciplines telles que les plongeurs olympiques et
les violonistes de concert.
Les
conclusions préliminaires d'autres laboratoires suggèrent qu'un tel
entraînement intense de l'esprit peut faire toute une différence
dans le potentiel humain. Certaines des données plus captivantes
viennent du travail d'un autre scientifique, le Dr Paul Ekman,
directeur du Human Interaction Laboratory à l'Université de
Californie, San Francisco, qui étudie l'expression faciale des
émotions. Le Dr Ekman a aussi participé aux cinq jours de dialogue
avec le Dalaï-lama.
Le
Dr Ekman a développé une façon de mesurer comment une personne
peut interpréter les humeurs d’une autre personne à partir
d’images télégraphiées, comportant des variations rapides et
minimes dans les muscles faciaux.
Tel
que décrit par le Dr Ekman dans les "Emotions Revealed”
publié par Times Books, ces micro expressions — les actions
ultrarapides du visage, quelques-unes n’apparaissant pour pas plus
d'un vingtième de seconde — mettent nos sentiments à nu. Nous
n’en sommes pas conscients; ces expressions animent nos visages
spontanément et involontairement et ainsi révèlent, pour ceux qui
peuvent les lire, l’émotion entièrement non censurée du moment.
Heureusement,
peut-être, il y a une attrape : presque personne ne peut interpréter
ces moments. Bien que le livre du Dr Ekman explique comment les gens
peuvent apprendre à découvrir ces expressions en quelques heures
seulement, avec le bon entraînement, ses tests démontrent que la
plupart des gens — incluant les juges, les policiers et les
psychothérapeutes — ne sont pas plus aptes à lire les micros
expressions que quelqu'un qui fait des suppositions au hasard.
Néanmoins,
quand le Dr Ekman a invité deux moines Tibétains dans le
laboratoire, l’un d’eux a réussi à identifier parfaitement
trois des six émotions testées et l'autre quatre. Et un américain,
enseignant de la méditation Bouddhiste a parfaitement identifié
tous les six, ce fait étant considéré tout à fait rare.
Normalement, une supposition au hasard produira une réponse correcte
sur six.
De
telles conclusions, avec les incitations du Dalaï-lama, ont inspiré
le Dr Ekman à concevoir un programme appelé “Cultivating
Emotional Balance,” qui combine des méthodes extraites du
Bouddhisme, comme le contrôle mental, avec l’enseignement
synergétique provenant de la psychologie moderne, comme la lecture
des micros expressions et qui cherche à aider les gens à mieux
gérer leurs émotions et leurs relations.
Un
projet pilote a débuté le mois dernier avec des enseignants
d'écoles primaires dans la région de la Baie de San Francisco, sous
la direction de la Dr Margaret Kemeny, professeure dans le domaine de
la médecine du comportement à l'Université de Californie, San
Francisco. Elle espère confirmer les conclusions du Dr Davidson
concernant l’effet de la pratique du contrôle mental sur le
système immunitaire, tout en ajoutant d'autres mesures des capacités
émotionnelles et sociales, dans un essai contrôlé avec 120
infirmiers et enseignants.
Finalement,
le momentum scientifique de ces poussées initiales a intrigué
d'autres investigateurs. Sous les auspices du Mind and Life
Institute, qui organise la série de rencontres entre le Dalaï-lama
et les scientifiques, il y aura une table-ronde au Massachusetts
Institute of Technology les 13 et 14 septembre. Cette fois le
Dalaï-lama se réunira avec un groupe de chercheurs
pluridisciplinaires pour discuter d’autres possibilités de
recherche. Bien qu'ouvert au public, la moitié des places sera
réservée aux étudiants diplômés et chercheurs théoriques. (Plus
de renseignements sont disponibles au www. InvestigatingTheMind.org.)
En
ce qui me concerne, je prends tout ça à cœur. Pratiquant
occasionnel de la méditation depuis mes études supérieures, je
suis devenu assidu à nouveau. Le mois suivant, ma femme et moi nous
dirigeons dans un endroit chaud pendant deux ou trois semaines pour
participer à une retraite de méditation. Je ne pourrai peut-être
jamais me mesurer à ce moine sublime, mais j'aurai du plaisir à
essayer.
dimanche 24 février 2013
mercredi 24 octobre 2012
mardi 16 octobre 2012
Etre heureux réduit le risque de mortalité
Quelques études ont
constaté une relation positive entre le degré de bonheur et la
longévité. Cependant, les mécanismes permettant d’expliquer ce
lien n’apparaissent pas clairement dans ces enquêtes.
Des chercheurs hollandais
ont lancé en 1991 une recherche intitulée l’Etude des
personnes âgées d’Arnhem (Arnhem Elderly Study) afin
d’éclairer cette question. Cette enquête a réparti 861 personnes
en trois catégories, selon leur niveau de bonheur, évalué d’après
un questionnaire : malheureuses, moyennement heureuses,
heureuses. Sachant que certaines caractéristiques influent sur la
longévité, les chercheurs ont pris soin de faire en sorte que la
composition des trois groupes soit grosso modo identique en ce
qui concerne le sexe, le statut conjugal, le niveau scolaire, le
statut socio-économique et la consommation de tabac.
15 ans plus tard, les
résultats confirment que les personnes heureuses vivent en moyenne
plus longtemps.
Deux variables jouent un
rôle important pour expliquer ce lien : l’exercice physique
et la morbidité (nombre de malades au sein d’une population). Mais
tout n’est pas encore parfaitement clair. Selon les auteurs, les
personnes heureuses auraient tendance à faire plus d’exercice que
les autres, et cette activité physique réduirait leur taux de
mortalité. Par ailleurs, un facteur commun (non précisé par les
auteurs) serait probablement à l’origine à la fois du bonheur, de
l’activité physique et des maladies chroniques.
Source :
Koopmans
T. A.,
Geleijnse
J. M.,
Zitman F. G. and Giltay E. J. (2010). Effects of Happiness on
All-Cause Mortality During 15 Years of Follow-Up: The Arnhem
Elderly Study. Journal
of happiness studies, 11,
113-124.
vendredi 5 octobre 2012
Stress au travail : " Au départ, c'est une véritable source d'adrénaline "
Les patrons aussi sont stressés. En témoigne Jacques, 51 ans. Directeur de 3 centres de formation par l'apprentissage en province depuis une dizaine d'années, il doit y mener de profondes restructurations. Et s'y engage à fond. Trop sans doute. Il avoue avoir craqué plus d'une fois.
Par Nathalie Samson pour LEntreprise.com, publié le 07/06/2011 à 08:30
" J'ai toujours dû mener des restructurations dans les
postes que j'ai occupés. Ma fonction a beaucoup évolué ces
dernières années, on se rapproche beaucoup plus de la gestion d'une
entreprise privée. Je me suis dès lors retrouvé en première ligne
vis-à-vis de la hiérarchie, du personnel, des organismes
gestionnaires...
Au départ, c'est le bon stress qui me motive. Le management d'un centre fait que l'on touche à tout. C'est une véritable source d'adrénaline. Mais ensuite, le mauvais stress prend le dessus : insomnies, palpitations, sentiment de ruminer... J'ai même eu des crises de larmes au bureau. J'ai dû prendre des médicaments et fait de brefs arrêts de travail essentiels pour décompresser...
Refus du changement, pressions diverses, lettres anonymes. Jacques n'a pas été épargné. " J'ai par exemple dû me séparer d'une comptable qui travaillait mal. Dans une petite structure de 20 personnes ça ne pardonne pas. La presse locale m'est tombée dessus.
" Un jour, son corps dit stop. Alors que je me rendais sur mon lieu de travail à pied comme d'habitude, je n'ai pas pu aller au bout. Impossible d'avancer. J'ai dû faire demi-tour et suis allé chez mon médecin. " Jacques n'est cependant pas du genre à baisser les bras. " Je suis quelqu'un de positif, je dirais donc que ces périodes de stress m'ont permis d'évoluer. Pour sortir d'un contexte humainement et psychologiquement difficiles : j'ai à chaque fois changé de poste et suis retombé sur mes pieds.
Aujourd'hui je fais mieux la part des choses. Je suis passionné, je me donne à fonds... Parfois, les auto-défenses ne se mettent pas en place malgré certains signaux. Il faut savoir dire stop : " arrête de penser à ça ". Je gère aujourd'hui beaucoup mieux mon temps de travail. Ma formule : " même si tu arrêtes de travailler maintenant, ne te fais pas de souci : tu as déjà fourni beaucoup. " En recherche de poste actuellement, Jacques est serein.
Au départ, c'est le bon stress qui me motive. Le management d'un centre fait que l'on touche à tout. C'est une véritable source d'adrénaline. Mais ensuite, le mauvais stress prend le dessus : insomnies, palpitations, sentiment de ruminer... J'ai même eu des crises de larmes au bureau. J'ai dû prendre des médicaments et fait de brefs arrêts de travail essentiels pour décompresser...
Refus du changement, pressions diverses, lettres anonymes. Jacques n'a pas été épargné. " J'ai par exemple dû me séparer d'une comptable qui travaillait mal. Dans une petite structure de 20 personnes ça ne pardonne pas. La presse locale m'est tombée dessus.
" Un jour, son corps dit stop. Alors que je me rendais sur mon lieu de travail à pied comme d'habitude, je n'ai pas pu aller au bout. Impossible d'avancer. J'ai dû faire demi-tour et suis allé chez mon médecin. " Jacques n'est cependant pas du genre à baisser les bras. " Je suis quelqu'un de positif, je dirais donc que ces périodes de stress m'ont permis d'évoluer. Pour sortir d'un contexte humainement et psychologiquement difficiles : j'ai à chaque fois changé de poste et suis retombé sur mes pieds.
Aujourd'hui je fais mieux la part des choses. Je suis passionné, je me donne à fonds... Parfois, les auto-défenses ne se mettent pas en place malgré certains signaux. Il faut savoir dire stop : " arrête de penser à ça ". Je gère aujourd'hui beaucoup mieux mon temps de travail. Ma formule : " même si tu arrêtes de travailler maintenant, ne te fais pas de souci : tu as déjà fourni beaucoup. " En recherche de poste actuellement, Jacques est serein.
jeudi 27 septembre 2012
Le reporting RSE bientôt étendu à de nouvelles entreprises
Lors de la conférence environnementale qui s'est tenue les 14 et 15 septembre derniers, le Premier ministre a annoncé la modification du décret sur le reporting RSE. Les entreprises cotées ne seront plus les seules concernées. Un nouveau critère, la taille des entreprises, définira celles qui seront soumises à cette obligation.
Actuel RH, publié le 17/09/2012
Après
la grande conférence sociale, au tour de la conférence
environnementale ! Et le social n'a pas été absent des débats qui
ont eu lieu dans le cadre des cinq tables rondes. Le Premier
ministre a tenu à souligner que l'écologie n'est pas une
"contrainte" mais "un puissant levier de croissance
et de compétitivité [des] entreprises". Parmi les sujets
intéressant les services RH : la modification du champ des
entreprises concernées par l'obligation d'établir un rapport en
matière de responsabilité
sociétale et environnementale (RSE) et l'ouverture de
négociations pour étendre le rôle des institutions
représentatives du personnel aux questions environnementales.
Un critère de taille pour définir les entreprises soumises au reporting RSE
La modification du décret du 24 avril 2012 qui
définit les entreprises concernées par l'obligation d'inscrire
dans leur rapport de gestion
des informations liées à la RSE a été l'un des sujets qui a
agité la table ronde consacrée à la Gouvernance. Faut-il
préserver la distinction entre entreprises cotées et non cotées
alors qu'elle n'est pas prévue par la loi ? Le Premier ministre a
tranché. "L'obligation faite aux entreprises d'établir un
rapport social (..) n'a pas été correctement mise en oeuvre à ce
jour. Le décret d'application sera modifié pour que la distinction
qu'il instaure entre sociétés cotées et non cotées soit
remplacée par un critère plus pertinent, lié à la taille des
entreprises", a annoncé Jean-Marc Ayrault. Le
décret en question a déjà, rappelons-le, introduit certains
critères d'effectifs permettant de soumettre certaines entreprises
non cotées au dispositif. La modification annoncée samedi va plus
loin. Elle vise à supprimer toute référence à la cotation des
entreprises qui a été contesté par certains d'un point de vue
juridique. En effet, deux entreprises de même taille sont à ce
jour soumises à des obligations sensiblement différentes selon
qu'elles sont cotées ou non.
|
Daniel Lebègue, Président de l'Orse et
modérateur de la table ronde Gouvernance, a pour sa part précisé
que l'obligation ne s'appliquerait pas aux PME. Il a également
émis le souhait que soit mis sur pied un plan national de
promotion de la RSE dans les entreprises.
|
Etendre les compétences des IRP aux questions environnementales
L'autre question venue sur la table des discussions
et intéressant directement le social est l'extension des
compétences des CE et des CHSCT aux questions environnementales.
Actée sur le principe, la question a été renvoyée aux
partenaires sociaux. "Les négociations interprofessionnelles
entre partenaires sociaux, à la suite de la conférence sociale,
auront aussi à prendre en compte les questions de santé au travail
et de risques environnementaux, en particulier dans le cadre des
institutions représentatives du personnel", a ainsi annoncé
le Premier ministre. Sans autre précision pour l'heure, on peut
penser que la question sera discutée dans le cadre des négociations
en cours sur les IRP, mais aussi lors des négociations sur la
qualité de vie au travail qui doivent s'ouvrir le 21 septembre.
Calendrier
Comme pour la conférence sociale, on attend
désormais une feuille de route plus détaillée. Le Premier
ministre a assuré qu'elle sera remise en début de semaine
prochaine. ll a d'ores et déjà annoncé que tous les ministères
seront concernés par cette "transition écologique".
mercredi 19 septembre 2012
Le stress chronique : une influence néfaste
Le stress chronique : une influence néfaste
Cancer : le stress chronique aurait une influence néfaste
Le stress chronique semble
accélérer le raccourcissement des extrémités des chromosomes, un
facteur intrinsèque favorisant la survenue d'un cancer, selon une
étude présentée à un congrès mondial sur la recherche en
cancérologie*, qui s'est achevé mercredi 6 avril à Orlando en
Floride (USA).
Le stress psychologique chronique,
d'une part, est de plus en plus évoqué comme un facteur contribuant
au développement du cancer
et à la croissance des tumeurs. D'autre part, les extrémités des
chromosomes, appelées télomères, raccourcissent et se détériorent
avec l'âge et le temps.
Toutefois, l'action du stress
sur ces structures reste indéterminée, mais selon de nombreuses
hypothèses, elle pourrait constituer un mécanisme
expliquant un lien de cause à effet avec la survenue d'un cancer.
C'est pourquoi, des chercheurs américains ont analysé des cellules
du sang sur prélèvements biologiques effectués chez 31 femmes
atteintes d'un cancer du col et réparties entre deux groupes:
l'un bénéficiant de six séances de soutien psychologique ; l'autre
d'une prise en charge standard.
Les séances de soutien ont ainsi permis de dresser
un profil de qualité de vie et un profil psychosocial, de gérer le
stress et les émotions, de favoriser une sensation de bien-être et
de minimiser les inquiétudes relationnelles et sexuelles invoquées
par les patientes.
De nouveaux prélèvements ont été effectués au
bout de quatre mois de prise en charge pour l'analyse chromosomique
des cellules sanguines. Une amélioration de la qualité de vie et
une réduction de la réponse au stress ont de fait été associées
à des variations de la longueur des télomères, ont rapporté les
auteurs de ces travaux.
Si ces derniers n'en sont qu'à un stade
préliminaire, il ne fait nul doute que l'amélioration de la
qualité de vie des patients cancéreux permet d'influencer
positivement l'évolution de leur maladie, avec une
meilleure gestion du stress et un ralentissement - observé de façon
concomitante - du raccourcissement des télomères,
reconnaissent-ils.
*Congrès de l'American
Association for Cancer Research (AACR), 2-6 avril 2011 à
Orlando (Floride).
vendredi 14 septembre 2012
QUELQUES IDEES SIMPLES POUR EVACUER NOTRE STRESS
Quelques
idées simples pour évacuer notre stress
Personne n’est à l’abri du phénomène
de stress et de ses conséquences. Ce phénomène complexe
et d’origine multifactorielle, parfois compliqué à faire
disparaître, est connu aussi pour aggraver de nombreuses fonctions
immunitaires. Les évolutions et modifications de nos
sociétés apportent de nouveaux comportements et modes de vie qui
tendent à compromettre notre équilibre.
Pour ne pas se sentir noyé dans le stress,
il existe plusieurs mesures préventives avant que les conséquences
ne resserrent leurs étreintes ou ne vous poussent à des solutions
plus contraignantes. Sans oublier de consulter un
professionnel
de santé dans le cas d’inquiétudes sur des symptômes
liés à des pics de stress, il est aussi de bonne augure de
pratiquer quelques gestes simples et astuces pour contrer le mauvais
stress.
C'est à chacun de se demander quelle qualité de
vie il veut. Si le maintien du stress n’est pas toujours la
volonté, il existe généralement des priorités, qu’il faut
reconnaître parfois avec des méthodes nouvelles. Voici 9 manières
et idées simples pour évacuer le stress et mieux
accueillir ou appréhender les périodes où tout ne semble pas se
passer correctement dans votre environnement quotidien.
9 manières simples pour évacuer le stress
1. Compter sur ses amis et la famille
Les rapports sociaux sur les réactions au stress
permettent de se libérer de nombreuses tensions. Se reposer sur les
« autres », pouvoir se reposer avec confiance sur un ami
ou un membre de la famille permet souvent de prendre du recul et
apprécier les situations avec plus de justesse. Bien que cette
démarche ne soit pas toujours simple, c’est par « le »
réseau d’amitiés vers lequel vous tourner afin de partager vos
ennuis et obtenir des conseils et remarques nécessaires à
l’épanouissement.
Dans ce réseau amical et familial, il est nécessaire de bien
choisir les personnes à qui vous confier. Il est donc nécessaire
d’éviter de fréquenter les gens qui prennent mais ne donnent
jamais en retour, ceux qui ont des sautes d’humeur ou qui sont
déprimés en permanence.L’arrivée des réseaux sociaux (Facebook en particulier) est aussi un moyen de garder le contact avec ses proches à distance, mais ne nous y trompons pas, il s’agit d’un moyen complémentaire qui n’est pas sans risque et qui ne doit pas remplacer l’échange « physique » et la communication traditionnelle.
2. Nettoyage de printemps à tout moment
Notre environnement de vie est primordial dans la
perception de notre notre monde et des événements que nous vivons.
Pour améliorer notre quotidien et éclaircir notre perception, un
petit coup de balai sur notre environnement matériel est toujours
intéressant.
Vous pouvez par exemple trier/donner/recycler/jeter vos vieilles
piles de revues, magazines, recettes périmées et autres formulaires
administratifs dont vous n’avez plus besoin (mais que vous gardiez
au cas ou…). Un lieu de vie bien ordonné et rangé réduira et
évitera le stress ou l’énervement de ne pas s’y retrouver.
Surtout lorsque la recherche d’un objet ou d’un document dont
vous avez besoin. Retrouver ses objets sans tracas vous procurera un
sentiment apaisant et réduira l’anxiété.3. Ne pas faire tout à la dernière minute
Trop souvent nous ne mesurons pas la force de
l’anxiété sur la perte d’estime de soi et des conséquences sur
notre bien-être. Lors de prise de rendez-vous (professionnels ou
amicaux), c’est l’occasion de s’y prendre correctement et
arriver à l’heure en prenant compte des aléas et retards
possibles sur notre chemin. Prévoir d’arriver quelques minutes en
avance pour un rendez-vous sera donc très judicieux pour avoir une
belle image de soi et ne pas irriter la personne qui vous attend.
Idem pour vos obligations administratives (paiement de vos
factures, etc.), prévoyez à l’avance en utilisant par exemple un
rappel automatique sur votre téléphone portable (très simple et
sans contrainte, vous pouvez enregistrer des alarmes de rappel pour
anticiper). Et comme le dit si bien bien le proverbe « Prévoyance
est mère de sûreté », et c’est aussi l’occasion de ne
pas gâcher d’énergie en se mettant une pression inutile.4. Rédiger un carnet de bord
Pour mieux anticiper les plaisirs et contraintes de
la vie, il est souvent utile de les décrire et de les matérialiser
à l’écrit pour prendre un meilleur recul. Pour faire le point sur
vos envies, vos obligations, vos rêves, vos missions, vos émotions
et tous les objectifs personnels liés à votre vie sociale. Pour ce
faire, prenez un carnet (celui qui vous plaira, mais en optant pour
un format pratique pour vos déplacements) et notez-y régulièrement
toutes vos angoisses et ce qui vous passe par la tête.
Ne vous jugez pas, notez simplement des listes de vos pensées à
court, moyen et long terme. Ceci vous permettra de prendre plus de
recul, de mieux déterminer les comportements et attitudes à
engendrer. Écrire c’est aussi écouter une plume gratter le
papier, se procurer une détente et couper un peu du monde numérique
qui envahit notre quotidien. Régulièrement, barrer les objectifs
que vous avez atteints, corrigez-les ou annotez-les bien de remarques
après vos périodes de réflexion. Dans ce carnet de bord, vous
pouvez y glisser un calendrier ou un semainier pour dresser vos
listes dans le temps et voir vos corvées ou vos désirs se réaliser.5. S’organiser c’est gagner du temps
Il n’est pas rare que nous accumulions des documents de tous types (factures, lettres, cartes de visites…). Ces derniers sont autant de souvenirs auquel il est désagréable de ne pas pouvoir y accéder après leur acquisition. Afin d’éviter de l’anxiété, il semble important de choisir un rangement facilitant l’accessibilité.
De nombreuses astuces existes et plusieurs systèmes
de rangement simples permettent de s’y retrouver. Mais le nerf de
la guerre sera aussi de s’y tenir et bien placer vos documents au
quotidien sans remettre à plus tard cet élément essentiel dans
l’évacuation du stress. Prendre quelques minutes au quotidien pour
le rangement de votre lieu de vie principal et de ses pièces de vie,
vous assurera une meilleure vision et anticipation.
6. La détente et la relaxation ne tombe pas du cielLa pratique de la relaxation n’est pas sans incidence sur l’amélioration de notre vie quotidienne : se poser, respirer profondément, intérioriser et imprimer des bons moments, trouver la paix et le calme face à des étapes délicates de la vie, se masser… Garder le lien social c’est aussi garder le lien avec soi-même et écouter sa personne profonde.
Le Yoga, la Sophrologie, la Médication, le Massage et tout ce qui peut permettre de mieux se concentrer et canaliser son énergie sera utile pour diminuer les facteurs de stress et d’anxiété.
Bien maîtriser et régulière, la détente simple, comme la sieste, permet de diminuer et contrer le niveau d’hormones de stress dans le sang, en stimulant la production de la sérotonine par le cerveau. Vous pourrez aussi mieux maîtriser votre respiration, qui a une place prépondérante dans la relaxation et le sentiment de bien-être.
7. Ne chargez pas la mule, suivez les étapes…
Nous sommes gourmand et trop souvent nous plaçons la barre trop haut. Cette attitude peut perturber au quotidien notre vision et contribuer à un mal-être. Afin de réduire le stress que peut procurer se besoin de performance, il est sage de sélectionner les objectifs et choses à faire les plus importantes sur le long terme (prendre soin de soi, s’occuper de ses proches, faire du sport, se nourrir correctement…).
C’est toujours plus simple à dire qu’à faire,
alors n’hésitez pas à utiliser votre carnet de bord et à choisir
les bonnes personnes pour parler de vos volontés et de vos tracas
sur les manières d’atteindre vos envies et objectifs.
Vous trouverez des solutions efficaces si vous prenez le temps
d’en parler et si vous faites confiance à des personnes qui
pourront vous aider et pourquoi pas abattre des tâches à votre
place avec plaisir. Se rendre service entre amis c’est aussi l’un
des moteurs qui améliore les rapports humains, mais il faut en
parler et ne pas attendre la « main aidante » qui viendra
souvent trop tard si vous ne vous manifestez pas.8. Prendre du temps pour vous-même
La vie moderne ne laisse pas toujours le choix, mais apprendre à se donner du temps est une priorité pour se sentir plus léger. C’est aussi le moyen le plus agréable pour affronter la vie avec les bonnes « armes ». « Faire une pause », vous permettra d’apprendre à relâcher les tensions et à régénérer votre enthousiasme, en pensant aux bons moments vécus dans votre vie passée.
Pour ce faire, réservez-vous un peu de temps chaque
semaine, et apprenez à renoncer à certaines activités, pour
profiter de ces moments pour vous détendre. Prenez le temps de faire
une marche dans la forêt la plus proche ou en écoutant de la
musique en contemplant la Nature.
Et surtout protégez-vous pendants ce temps des pensées et
informations négatives ou des catastrophes du Monde. Vous pourrez
revenir à ces réalités une fois que votre détente vous aura
apporté une énergie plus combattante pour les apprécier sans créer
d’angoisses excessives.9. Pratiquez le sourire et le rire !
La réduction des tensions et du stress ne peut se passer sans la pratique du rire. Améliorant la perception de notre douleur et contribuant à un meilleur fonctionnement de notre système immunitaire, le rire participe souvent à la réduction de l’anxiété et apporte une certaine complicité Le processus du rire déclenche de nombreux phénomène sur notre organisme. Il engendre une production d’endorphines dont l’action est de soulager la douleur, ce qui apporte un sentiment de bien-être, de plénitude.
Le rire permet aussi d’oxygéner l’organisme,
d’amener une réduction des tensions musculaires, et de libérer de
nombreuses petites tensions au travers du même processus qu’un
massage en faisant par exemple travailler le diaphragme. Les effets
stimulant du rire contribueront donc à votre détente et votre
bien-être. Prenez donc le temps de retrouver les livres, anecdotes,
films, pièces de théâtre et tout ce qui pourra vous amener à
rire.
Sources
1. « La
question de l’influence des relations sociales sur les parcours de
vie des individus » (fichier PDF) via
revista-redes.rediris.es
2. « Work
stress and risk of cardiovascular mortality : prospective cohort
study of industrial employees » via bmj.com ;
« Chronic
stress at work and the metabolic syndrome: prospective study »
3. http://stressandhealth.org/
4. « Le
stress au travail » via inrs.fr
5. « Le
rire » via passeportsante.net
6. « Le
bonheur améliore la santé et allonge la durée de vie »
via news.doctissimo.fr
7. « La relaxation pour tous. Conseils, exercices
et astuces pour rester zen au quotidien » par Henri Brunel, éditions
Librio. ISBN 2290342610.
8. « La
sieste est bonne pour les bébés mais aussi pour les adultes »
via Futura Science.
vendredi 7 septembre 2012
Les sept chantiers de la grande conférence sociale des 9 et 10 juillet 2012
Une « grande conférence » sociale est programmée par le gouvernement les 9 et 10 juillet au palais d'Iéna, à Paris. Contrat de génération, temps de travail, égalité professionnelle, ou encore qualité de vie au travail font partie des thèmes qui seront abordés par les partenaires sociaux à cette occasion.
Une réunion tenue en présence de Michel Sapin, ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, de Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé, d’Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, et de Marylise Lebranchu, ministre de la réforme de l’Etat, de la décentralisation et de la fonction publique.
Suite à cette rencontre, Michel Sapin a expliqué le cadre méthodologique de la grande conférence sociale qui aura lieu les 9 et 10 juillet prochains. Elle sera structurée en sept tables rondes thématiques, présidées chacune par un ou une ministre et une personnalité compétente dans le domaine :
- l'emploi, et tout particulièrement l'emploi des jeunes, avec les contrats de génération, les emplois d'avenir, mais aussi le marché du travail et les licenciements ;
- le developpement des compétences, avec notamment la formation tout au long de la vie et le congé individuel de formation ;
- la rémunération et le pouvoir d'achat, dont le SMIC et son indexation, les minimas par branche, les bas salaires, les heures supplémentaires, l'intéressement, la participation et les salaires des dirigeants d'entreprises ;
- le redressement de l'appareil productif national ;
- l'égalité professionnelle entre hommes et femmes, et tout ce qui touche à la qualité de vie au travail ;
- l'avenir des retraites et le financement de la protection sociale ;
- l'Etat, les puissances publiques, les collectivités et le service public, les services publics et la fonction publique.
mardi 28 août 2012
Rapport "le travail et l'emploi dans vingt ans...
Rapport "Le travail et l'emploi dans vingt ans : 5 questions, 2 scénarios, 4 propositions"
Vincent Chriqui, Directeur général du Centre d'analyse
stratégique a rendu public, le rapport du Centre d'analyse
stratégique "Le travail et l'emploi dans vingt ans : 5
questions, 2 scénarios, 4 propositions", en présence d'Odile
Quentin, Présidente du groupe de travail et de Jean-Denis
Combrexelle, Directeur général du Travail.
Alors que la France connaît un chômage de masse depuis trente
ans et que se manifeste depuis quelques années, sinon une crise du
travail, du moins une forme de crise managériale au sein des
entreprises, ces deux phénomènes ont été encore accrus par la
crise financière, économique et sociale de 2008-2009.
Plus que jamais, l’emploi – depuis quelques décennies déjà
– et le travail – avec un regain depuis peu – sont au cœur des
préoccupations quotidiennes de nos concitoyens. Or, la “réflexion
stratégique” ou l’“expertise” n’ont pas vocation à être
coupées du monde, mais doivent être mises au service de l’intérêt
général, en réponse aux attentes de la société.
Le Centre d’analyse stratégique a donc souhaité analyser les
profondes mutations du monde du travail face à la persistance du
chômage de masse, face à l’accélération de la mondialisation,
face à la diffusion des nouvelles technologies (notamment celles de
l’information et de la communication), face aux évolutions
sociétales enfin. La crise peut avoir infléchi ou accéléré
certaines tendances structurelles, mais elles sont plus anciennes et,
pour beaucoup d’entre elles, sans doute amenées à se poursuivre.
Ce travail prospectif très large s’inscrit dans la lignée de
précédents rapports réalisés par le Commissariat général du
Plan (en 1975 déjà et, plus récemment, en 1995, avec le rapport du
groupe présidé par Jean Boissonnat).
Il ne s’agissait pas de réexaminer les précédents rapports
pour dire ce qui s’est “réalisé” ou non – ce n’est pas
l’objet de la prospective – ni de voir de quel scénario nous
nous sommes finalement rapprochés. Il s’agissait bien de produire
un nouveau travail de prospective en reprenant l’ensemble du sujet
au regard des préoccupations actuelles et des nouveaux outils
d’analyse disponibles.
Surtout, ce rapport a privilégié une approche volontairement
concrète du travail et de l’emploi, examinant notamment les
dimensions microéconomiques de ces questions, du point de vue du
salarié mais aussi de l’entreprise. Car au-delà de
l’interrogation sur le nombre d’emplois ou le niveau du chômage
dans vingt ans, l’analyse menée par le groupe de travail révèle
que la nature du travail elle-même est soumise à des inflexions
notables, qui concernent directement les individus.
Aussi le rapport s’est-il concentré sur des évolutions plus
qualitatives du travail et de l’emploi, mobilisant d’autres
travaux plus quantitatifs conduits récemment par le Centre d’analyse
stratégique (qu’il s’agisse du rapport d’avril 2011, France
2030 : cinq scénarios de croissance, élaboré avec la DG
Trésor, ou des travaux de prospective des métiers et des
qualifications).
De l’ensemble de ces travaux, il ressort un certain nombre de
tendances lourdes, sans doute amenées à se poursuivre, pour une
grande partie, dans les deux prochaines décennies. À l’horizon
2030, la France sera plus peuplée et plus âgée, mais continuera de
bénéficier d’une population active en progression. Malgré des
scénarios de croissance contrastés, les créations d’emplois
devraient demeurer dynamiques et le marché du travail sera plus
concurrentiel pour les entreprises, avec un niveau de chômage
structurel inférieur à ceux des vingt dernières années. Le
“travail” tel que nous le connaissons sera transformé, notamment
sous l’effet d’évolutions sociétales et technologiques
profondes : l’individualisation de la société, la diffusion
généralisée des technologies numériques, les préoccupations
éthiques et écologiques.
Parmi les différentes dynamiques à l’oeuvre identifiées par
le groupe de travail, le rapport met en particulier l’accent sur la
poursuite de l’éclatement des univers du travail, à la fois
temporels, spatiaux et organisationnels. Cela se traduit par
une
segmentation accrue “des mondes du travail” et une hétérogénéité croissante des situations mais aussi des attentes des salariés, des entreprises, des secteurs d’activité ou des territoires.
segmentation accrue “des mondes du travail” et une hétérogénéité croissante des situations mais aussi des attentes des salariés, des entreprises, des secteurs d’activité ou des territoires.
L’affaiblissement du lien de subordination dans l’univers
professionnel, une demande forte d’autonomie dans le travail et de
meilleure articulation entre vie privée et vie
professionnelle vont en outre profondément structurer les relations de travail et d’emploi. De même, les décennies qui sont devant nous seront celles de la poursuite de la diffusion des TIC dans les entreprises et de l’essor du travail nomade.
professionnelle vont en outre profondément structurer les relations de travail et d’emploi. De même, les décennies qui sont devant nous seront celles de la poursuite de la diffusion des TIC dans les entreprises et de l’essor du travail nomade.
Enfin, cette période sera marquée par la croissance et la
différenciation des mobilités professionnelles, dans un contexte de
flexibilité organisationnelle et temporelle grandissante.
Au total, les tendances qui se dégagent pourront apparaître
sombres pour les uns, rassurantes pour les autres. Chacun aura son
interprétation, mais on peut d’ores et déjà souligner trois
points :
- d’abord, la période considérée, s’agissant du regard rétrospectif, est celle des trente dernières années, parfois qualifiée de “Trente piteuses”. Or, même si la prospective ne consiste pas à simplement prolonger les tendances, elle aurait du mal à faire totalement abstraction de ces réalités passées. Malgré cela, ce rapport ne nous montre pas un avenir noir. Plus complexe sans doute, avec des schémas et des équilibres anciens, déjà mis à mal aujourd’hui et amenés à s’affaiblir encore, mais aussi ouvert sur de nouvelles perspectives ;
- ensuite, en prenant une période de référence plus courte, on peut noter des éléments positifs : la forte baisse du chômage avant la crise, à des niveaux inconnus depuis vingt-cinq ans ; une bonne résistance de l’emploi relativement à l’ampleur de la crise ; une amélioration des taux d’activité des seniors depuis plusieurs années ; une pause dans l’intensification du travail (intensification à mettre elle-même en perspective avec l’amélioration des conditions de travail sur le très long terme) ;
- enfin, s’agissant plus spécialement de la situation de
l’emploi, ce rapport dessine pour l’avenir une situation plus
favorable, quelles que soient les incertitudes sur le modèle de
croissance de l’après-crise. Et cela ne pourra qu’avoir un
impact favorable sur la qualité au travail.
Bien évidemment, à partir des tendances constatées, les
évolutions à venir peuvent prendre plusieurs chemins, qui ne
dépendent pas que de l’action de l’État, en France. Le rapport
a retenu deux scénarios possibles, tenant compte non seulement des
évolutions spécifiques du travail et de l’emploi, mais aussi de
facteurs de contexte, notamment au niveau international.
Ces deux scénarios, comme le travail d’analyse qui a servi à
leur construction, interrogent les politiques publiques à de
nombreux égards : comment l’État peut-il accompagner ou réguler
ces tendances pour favoriser l’emploi et la qualité du travail ?
Face aux critiques récurrentes, et parfois au constat d’impuissance,
de l’État “prescripteur”, quelles modalités d’intervention
sont désormais opportunes pour la puissance publique dans la sphère
travail-emploi ? Avec quel impact sur le rôle qu’ont également à
jouer les partenaires sociaux et la société civile ?
Par ailleurs, au-delà du strict champ travail-emploi, le panorama
proposé par le rapport est vaste et concerne l’ensemble des
politiques publiques, y compris les politiques industrielle, fiscale,
éducative ou la régulation internationale de la mondialisation.
Mais les enjeux mis en avant par le groupe de travail nourrissent
surtout des propositions pour faire évoluer les politiques de
l’emploi, pour favoriser et sécuriser la mobilité professionnelle
et améliorer la qualité du travail.
Le groupe s’est attaché à apporter des réponses concrètes à
ces enjeux, en tenant compte du contexte actuel (sortie de crise,
réduction des déficits publics), mais en ayant surtout le souci
d’anticiper et de préparer les évolutions identifiées pour
l’avenir, qui incitent à s’interroger sur la conception, la mise
en œuvre et le rôle des acteurs des politiques de l’emploi et du
travail.
Le présent rapport formule à cet égard des analyses et des
propositions qui vont enrichir la réflexion du Centre d’analyse
stratégique sur les politiques publiques et ont vocation à irriguer
une partie de ses travaux dans le champ du travail, de l’emploi et
de la formation professionnelle au cours des prochaines années.
Je tiens à remercier l’ensemble des membres du groupe de
travail, et en premier lieu sa présidente, Odile Quintin,
ainsi que l’équipe des rapporteurs du CAS et de l’IGAS, pilotée
par Hugues de Balathier-Lantage
dimanche 15 juillet 2012
Stress au travail
Privilégier la prévention collective
Plus d’un salarié européen sur 5 déclare souffrir de troubles de santé liés au stress au travail. Le phénomène n’épargne plus aucun secteur d’activité. La démarche de prévention collective consiste à réduire les sources de stress dans l'entreprise en agissant directement sur l'organisation, les conditions de travail, les relations sociales…
On parle de stress au travail quand une personne ressent un
déséquilibre entre ce qu’on lui demande de faire dans le cadre
professionnel et les ressources dont elle dispose pour y répondre.
Les situations stressantes qui s’installent dans la durée ont
toujours un coût pour la santé des individus qui les subissent.
Elles ont également des répercussions négatives sur le
fonctionnement des entreprises (turnover, journées de travail
perdues, perte de qualité de la production, démotivation parmi les
équipes…).
Bon stress ? Mauvais stress ?
Selon des idées répandues, le bon stress permettrait aux salariés de donner le meilleur d’eux-mêmes, tandis que le mauvais stress rendrait malade. Il n’y a pourtant scientifiquement ni bon, ni mauvais stress mais un phénomène d’adaptation du corps rendu nécessaire par l’environnement. Il faut en revanche différencier « stress aigu », et « stress chronique » qui ont des effets distincts sur la santé.
L’état de stress aigu correspond aux réactions de notre organisme quand nous faisons face à une menace ou un enjeu ponctuel (prise de parole en public, changement de poste, situation inattendue…). Quand la situation prend fin, les symptômes de stress s’arrêtent peu après.
Stress au travail : le cas d’une salariée dans un service administratif
« Le matin, quand je pense à ce qui m'attend, ça m'affole déjà. Je suis constamment interrompue par des gens qui me demandent des renseignements que je n'ai pas, par des collègues qui rentrent dans mon bureau pour consulter des dossiers. Mon supérieur me pose les dossiers sur la table à 18 heures pour que je les boucle pour le lendemain. Et ce logiciel que je n’arrive pas à faire marcher… Je cours. Je suis fatiguée, je rumine… ».
De quoi s’agit-il ?Cette salariée ne dispose pas des ressources suffisantes pour faire face aux demandes auxquelles elle doit répondre. Elle est dans un état de stress chronique. Les difficultés qu’elle rencontre sont liées à l'organisation et à la nature de son travail.
Exemples de mesures de prévention du stress au travail
Mis en ligne le 16 septembre 2011
Bon stress ? Mauvais stress ?
Selon des idées répandues, le bon stress permettrait aux salariés de donner le meilleur d’eux-mêmes, tandis que le mauvais stress rendrait malade. Il n’y a pourtant scientifiquement ni bon, ni mauvais stress mais un phénomène d’adaptation du corps rendu nécessaire par l’environnement. Il faut en revanche différencier « stress aigu », et « stress chronique » qui ont des effets distincts sur la santé.
L’état de stress aigu correspond aux réactions de notre organisme quand nous faisons face à une menace ou un enjeu ponctuel (prise de parole en public, changement de poste, situation inattendue…). Quand la situation prend fin, les symptômes de stress s’arrêtent peu après.
L’état de stress chronique est une
réponse de notre corps à une situation de stress qui s’installe
dans la durée : tous les jours au travail, nous avons ainsi
l’impression que ce que l’on nous demande dans le cadre
professionnel excède nos capacités. Le stress chronique a toujours
des effets néfastes pour la santé.
Faire le lien entre stress et travail
Les cas de stress dans l’entreprise sont parfois niés ou attribués uniquement à la fragilité ou à l’inadaptation au poste de certains salariés. Face à des symptômes de stress, il est pourtant primordial de rechercher les liens possibles avec le contexte professionnel. La surcharge de travail, des objectifs insuffisamment définis, des relations difficiles avec la hiérarchie, un manque d’autonomie peuvent être en cause. Si des facteurs de stress liés au travail sont mis en évidence, des mesures de prévention adaptées permettront en priorité de les supprimer ou, au moins, de les réduire.Stress au travail : le cas d’une salariée dans un service administratif
« Le matin, quand je pense à ce qui m'attend, ça m'affole déjà. Je suis constamment interrompue par des gens qui me demandent des renseignements que je n'ai pas, par des collègues qui rentrent dans mon bureau pour consulter des dossiers. Mon supérieur me pose les dossiers sur la table à 18 heures pour que je les boucle pour le lendemain. Et ce logiciel que je n’arrive pas à faire marcher… Je cours. Je suis fatiguée, je rumine… ».
De quoi s’agit-il ?Cette salariée ne dispose pas des ressources suffisantes pour faire face aux demandes auxquelles elle doit répondre. Elle est dans un état de stress chronique. Les difficultés qu’elle rencontre sont liées à l'organisation et à la nature de son travail.
Que faire ?Les
mesures de prévention pourraient ici porter sur une meilleure
planification du travail, une organisation permettant de concentrer
les demandes de renseignements à certaines heures de la journée,
une formation aux outils informatiques utilisés…
Prévenir efficacement le stress
Le chef d’entreprise doit veiller à protéger la santé et la sécurité physique et mentale de ses salariés au travail. Pour remplir cette obligation, il doit privilégier les actions de prévention collective. Celles-ci permettent en effet d’agir sur les causes du stress plutôt que sur ses symptômes. L’INRS propose de mettre en œuvre une démarche de prévention en 5 étapes.Exemples de mesures de prévention du stress au travail
- Former l’encadrement aux méthodes de management participatif permettant d’associer les salariés aux décisions les concernant
- Améliorer la communication concernant les objectifs de l’entreprise
- Donner la possibilité aux salariés de s’exprimer sur les dysfonctionnements qu’ils repèrent
- Adapter la charge de travail en fonction des éléments à la disposition des salariés pour effectuer leur tâche
- Donner la possibilité aux salariés d’utiliser leurs compétences
- Former le personnel aux nouveaux outils de communication
Mis en ligne le 16 septembre 2011
mardi 3 juillet 2012
Le ministère du Travail délivre des indicateurs de stress
Le collège d'expertise sur le suivi statistique des risques psychosociaux, mis en place au sein du ministère du Travail, rend publique une liste de situations génératrices de mal-être au travail qui constituent autant d'indicateurs de risques psychosociaux.
En 2008, Philippe Nasse et Patrick Légeron remettaient leur rapport sur les risques psychosociaux au ministre du Travail. Ils recommandaient aux services statistiques du ministère du travail (Dares) de prendre en charge l'élaboration des indicateurs de risques psychosociaux. La Dares vient de publier un document qui liste les six dimensions du travail susceptibles de générer de la souffrance mentale.
Les exigences du travail
La notion de "pression" revient régulièrement dans les débats lorsqu'on parle de risques psychosociaux. Près d'un quart des actifs estiment qu'on leur demande, régulièrement ou non, une quantité de travail excessive, surtout les cadres et les professions intermédiaires. Trop de travail qui, par ailleurs, doit être effectué dans des délais de plus en plus raccourcis, estiment près de la moitié des actifs. Certains salariés déplorent également l'éparpillement des tâches : devoir s'interrompre pour passer à une autre activité et penser à trop de choses à la fois.Les exigences émotionnelles
Le contact avec le public n'est pas un facteur particulier de risques psychosociaux, mais il n'est toutefois pas exempt de tensions : agressions verbales voire physiques, injures, menaces.Le contact avec la souffrance des autres est en revanche davantage porteur de risques psychosociaux. "Les travailleurs du secteur sanitaire et social, des transports, des banques ou de l'administration déclarent relativement souvent connaître de telles situations émotionnellement éprouvantes..."
Enfin s'il est une émotion porteuse de stress c'est bien la peur. Un actif sur trois connait ce sentiment souvent ou occasionnellement. La peur naît de situations distinctes : peur d'un accident, d'une agression physique ou d'une violence morale.
Le manque d'autonomie et de marges de manoeuvre
Se sentir entravé dans son travail est aussi un facteur de mal-être. Cela va d'un manque de liberté dans l'exécution du travail à l'impossibilité d'organiser son temps de travail et ses pauses. Ne pas pouvoir user de ses compétences ou ne pas pouvoir les développer est aussi source de stress. "La monotonie ou l'ennui excessifs peuvent favoriser des troubles psychiques".
Le manque de soutien social et de reconnaissance au travail
L'individualisation gagne du terrain sur le collectif. Ce phénomène est l'un des facteurs qui explique la progression des risques psychosociaux. Le manque d'entraide et de soutien de la part des collègues et de la hiérarchie sont montrés du doigt.
Le manque de reconnaissance au travail, un sentiment d'inutilité pour certains et, dans le pire des cas, le harcèlement moral contribuent aussi à générer du stress.
Les conflits de valeur
Autre élément à ne pas négliger, les conflits de valeurs. Un tiers des salariés doivent, souvent ou de temps en temps, faire face à des "conflits éthiques entre les exigences professionnelles et les valeurs personnelles ou professionnelles", générant un état de mal-être.
L'insécurité de l'emploi et du travail
Enfin, l'étude souligne la peur de perdre son emploi comme facteur anxiogène. A laquelle il faut ajouter une précarisation croissante des emplois. Les ouvriers de l'industrie sont tout particulièrement concernés.
Soulignons que dans un contexte de report de l'âge de départ à la retraite à 62 ans, 37% des actifs avouaient en 2005 ne pas se sentir capables de faire le même travail jusqu'à 60 ans.
vendredi 22 juin 2012
Stress au travail : étude
comparative de méthodes d’évaluation du stress au travail
Le Centre de recherche sur les Risques
et les Crises (CRC) de Mines ParisTech a mis en chantier une
expérimentation, en collaboration avec une équipe de médecins de
travail des Alpes-Maritimes. Cette étude a pour objectif d’évaluer
et de comparer différents outils d’évaluation du niveau de stress
dans une organisation de plusieurs centaines d’employés. D’un
côté, la méthode WOCCQ, développée par l’Université de Liège
en Belgique, est utilisée pour faire un diagnostic de la situation
au sein de l’entreprise et de l’autre, un ensemble de
questionnaires connus et éprouvés par l’équipe de médecins de
travail est utilisé avec le même objectif. Dans des articles
précédents, nous avons déjà abordé la problématique du stress
au travail et nous avons également présenté le modèle de Karasek
et la méthode WOCCQ. Dans cet article, nous présenterons brièvement
les principales conclusions de cette étude comparative.
Organisation de l’étude
Cette étude porte sur le secteur
sanitaire et social et relève d’une demande d’intervention de la
part de l’entreprise auprès d’un grand cabinet de médecine de
travail. Des problèmes rencontrés dans des services de l’entreprise
ont motivé la direction à conduire une démarche proactive en
étudiant la charge mentale dans les établissements. L’entreprise
en question emploie 900 personnes, réparties dans neuf services
différents. L’enquête comporte principalement le WOCCQ (voir RSE
n° 5) ainsi que le Karasek (voir RSE n° 4) et le GHQ12. Ceux-ci
sont complétés avec des questions socio-professionnelles et
démographiques (permettant de classer les employés afin de trouver
des populations à risque majoré), des questions qui sondent les
conditions de travail (organisation, matériel, charge de travail,
violence, reconnaissance, usure professionnelle) et des questions qui
traduisent des plaintes ou signes cliniques et la relation possible
avec le travail actuel. Ces dernières sont remplies avec l’aide du
médecin du travail.
Un travail avec l’entreprise a été
mené préalablement pour identifier les besoins d’évaluation et
la structure de l’organisation. Celui-ci s’est déroulé dans le
cadre de plusieurs réunions avec les commanditaires (les Ressources
humaines et la Direction générale). Une fiche socio-démographique
ad hoc permet de définir les segments (et d’identifier les groupes
à risque ultérieurement). Ces données ont été utilisées pour
les deux méthodes. Le questionnaire final regroupant les questions
pour la méthode WOCCQ, les questions socio-démographiques et les
questions pour le Karasek présentent pas moins de 207 questions
reparties sur 9 pages A4. À ce volume de questions, il faut ajouter
le GHQ12. Le format de réponse aux questionnaires est au choix :
jamais / rarement / de temps en temps / régulièrement / toujours ou
presque toujours. Sur une période de deux mois, 509 questionnaires
remplis ont été récoltés à l’aide de douze médecins du
travail des services inter-entreprises.
Résultats et interprétation
Les premières données disponibles et
communes pour les deux méthodes sont les données
socio-démographiques. Dans l’organisation il y a 61 % de femmes et
33 % d’hommes (6 % non-réponse) avec un âge moyen de 39 ans. 94 %
des répondants ont choisi leur emploi actuel, 82 % travaillent à
temps complet (et choisi pour 85 %) et 92 % sont en CDI.
Graphique 1 : État de stress selon la
fonction (Karasek/GHQ12)
L’approche Karasek/GHQ12
En premier lieu, nous présentons les
résultats de l’approche Karasek/GHQ121. Les deux médecins du
travail des services inter-entreprises, coordonnateurs du projet, ont
analysé les questionnaires à l’aide d’un outil statistique
développé en interne et construit sur leur expérience
professionnelle. Les résultats ont été présentés à l’entreprise
à l’aide d’un support Powerpoint. Nous présentons ici
brièvement quelques éléments.
Le premier point saillant est le
sentiment partagé d’une charge de travail accrue dans un passé
récent pour 52% des personnes de l’organisation. Ensuite, selon le
modèle de Karasek, au sein de l’organisation 32 % des répondants
se déclarent « tendus » (personnes en situation de stress). Un
comparatif avec deux autres établissements dans le Sud de la France
(établissement A : 26 % et établissement B : 28 %) indique que
l’établissement enquêté se trouve au dessus de la moyenne
régionale. Le croisement des résultats du modèle de Karasek selon
les services et les postes de travail (graphique 1) a permis d’isoler
des groupes sensibles : les service 2 et 3, le personnel
administratif, les aides médicaux psychologiques (AMP), les
aides-soignants et les personnels de service.
En intégrant la dimension « soutien
social » dans le modèle (ce facteur réduit l’état de stress des
personnes tendues) il résulte que 22 % de personnes de l’entreprise
sont en « ISOstrain » (c’est-à-dire des personnes tendues sans
aucun effet bénéfique du soutien social). À titre de comparaison,
l’enquête SUMMER 2003 a identifié 17 % des personnels en
ISOstrain pour le secteur sanitaire et social en France. Les
résultats de l’étude permettent de mettre en évidence les
conséquences négatives de cet état sur la santé de l’employé.
Le test GHQ12 permet également de
faire une mesure du stress de la population de l’entreprise : 25 %
de personnels se déclarent stressés (score > 3 / 12 pour le
GHQ12). Il est apparu également un lien entre les personnels
stressés et les conséquences sur la santé. Des régressions
logistiques permettent de mettre en évidence les principaux liens
avec le stress, en ordre d’importance : situations de violence
psychologique, ne pas pouvoir réaliser normalement son travail,
travail seul jugé pénible, sexe féminin. L’enquête identifie 25
% des salariés concernés par de la violence psychologique ; 32 %
des salariés déclarent ressentir une impression d’usure
professionnelle. Les liens avec ce sentiment sont par ordre
d’importance : un manque de reconnaissance de la hiérarchie, un
climat social difficile ou pesant, un travail par roulement jugé
pénible, des moyens insuffisants pour faire face aux situations
difficiles, ne pas prendre du recul et des problèmes de maintenance.
Les surveillants de nuit et les AMP sont les plus concernés. Les
éducateurs spécialisés et les aides-soignants dans une moindre
mesure.
En conclusion, les points essentiels
observés avec l’approche Karasek/GHQ12 sont :
les difficultés liées aux locaux,
mobilier, et problèmes de maintenance : 20 %
le sentiment de ne pas réaliser
normalement son travail : 30 %
la formation continue insuffisante : 38
%
les violences au travail : 25 %
(surtout le fait de personnes de l’entreprise)
l’usure professionnelle : 32 %
(surtout dans le service 3)
les conditions de travail favorisant
l’envie de quitter l’entreprise
la charge mentale, différente d’un
service à l’autre, n’est pas uniquement le fait du public pris
en charge – le stress et son impact négatif sur la santé
selon les médecins du travail, plus
d’un salarié sur trois présente un problème de santé en lien
avec son travail.
Les suggestions émises auprès de
l’entreprise suite au travail d’analyse concernent principalement
une intégration de cette évaluation dans le document unique et à
en déduire les pistes d’amélioration dans les plans annuels de
prévention :
faire un état des lieux des locaux et
matériels et régler les problèmes de maintenance,
étudier l’organisation du travail
afin de réduire les situations au cours desquelles les salariés ne
peuvent réaliser normalement leur travail,
après analyse des besoins, revoir le
plan de formation continue,
remédier aux problèmes de violences
internes.
Le WOCCQ
L’évaluation et l’analyse WOCCQ
visent à distinguer le risque (stress/stimulation) et les facteurs
de risque, d’isoler les groupes à risque, de hiérarchiser les
résultats et d’émettre des hypothèses en matière d’actions
organisationnelles et/ou ergonomiques. Les réponses au questionnaire
WOCCQ ont été intégrées dans la WOCCQ Tool. Le logiciel a ensuite
calculé les résultats2. Les données socio-démographiques ont
nécessité un regroupement pour s’accorder à la structure de la
WOCCQ Tool.
Graphique 2 : État de stress selon la
fonction (Karasek/GHQ12)
Tableau 1 : Classifi cations des
structures sur les six dimensions
Le niveau de stress (47,79) est
légèrement en dessus de la moyenne : le pourcentage de personnes
avec un stress élevé (12,6 %) est moins important que le
pourcentage de personnes avec un stress faible (19 %) ; la
stimulation positive est au dessus de la moyenne (51,46 %). Le WOCCQ
permet donc de dire que globalement l’entreprise se porte plutôt
bien en ce qui concerne les risques psychosociaux. Les six dimensions
(ressources, exigences, risques, planification, temps et avenir) sont
toutes également au dessus de la moyenne (graphique 2). Quand une
comparaison des scores de l’entreprise avec le score global du
secteur de la santé est effectuée, significativement les mêmes
résultats que les autres services du secteur sont trouvés.
Les résultats sur l’ensemble de
l’entreprise ne donnent pas d’indication d’existence de points
sensibles ; cependant, la prise en compte des catégories
sociographiques permet d’affiner l’analyse. Nous présentons ici
les plus marquants. Concernant le stress au travail, il est
généralement admis, pour des raisons que nous n’aborderons pas
ici, que les femmes sont plus vulnérables. Dans l’organisation
étudiée il n’y a pas d’exception à cette règle, les femmes
sont trois points au dessus du score des hommes. L’âge ne donne
pas de résultats significativement différents. Par contre, les
variables Poste de travail et Service3 fournissent des résultats
significatifs. Les résultats sont synthétisés dans le tableau 14
(total des ordres dans les six dimensions, le service avec le plus
petit nombre total était le plus souvent en moins bonne position
dans les dimensions).
Le service 3, et dans une moindre
mesure le service 6, se distinguent comme des points sensibles. Le
service 5 affiche un niveau de stress plus élevé que la moyenne et
son score sur les six dimensions des conditions de travail n’est
pas très positif également. Avant de rentrer dans les détails pour
les services, nous présentons les résultats pour les postes de
travail, et étonnamment, il n’y a pas de différence significative
pour les stress. Par contre, le niveau de stimulation est différent,
avec les éducateurs sportifs et les veilleurs de nuit les moins
stimulés et les assistantes sociales et les cadres le plus stimulés.
Dans les dimensions des conditions de travail, les risques,
planification, temps et avenir donnent des différences
significatives pour les postes de travail. Les aides soignants (24
personnes) sont identifiés comme un segment à risque ainsi que les
surveillants de nuit (26 personnes).
Deux variables doivent donc être
creusées pour approfondir l’analyse : les services et les postes
de travail. Les surveillants de nuit sont identifiés comme un groupe
sensible. Quand une analyse détaillée des dimensions de contrôle
des conditions de travail est effectuée, il apparaît que beaucoup
de problèmes sont inhérents au poste de travail de surveillant de
nuit (avoir des horaires compatibles avec la vie familiale, recevoir
de l’aide des collègues en cas de problème, pouvoir sans
inconvénient quitter sa tâche quelques instants). Nous allons
analyser en détail le service 3 et les aides soignants à titre
d’illustration.
Service 3 - Par dimension, nous
regardons les questions auxquelles une réponse négative a été
apportée afin d’identifier les points sensibles pour le service 3,
et en conclusion :
il semble manquer une description
claire des tâches et des procédures ;
il semble manquer une aide des chefs et
une collaboration avec les collègues ;
il semble y avoir une pénibilité du
travail et un problème d’agencement du poste de travail ;
il semble y avoir un problème
concernant le rythme de travail, de surcharge, d’organisation du
temps.
il semble y avoir un problème
d’agressions.
Aides soignants - Par dimension, nous
regardons les questions auxquelles une réponse négative a été
apportée afin d’identifier les points sensibles pour les aides
soignants.
En conclusion :
il semble y avoir un déséquilibre
entre le travail et la rémunération ;
il semble y avoir des procédures très
strictes et peu de marge de manoeuvre concernant la planification ;
il semble y avoir une pénibilité du
travail (bruit, odeurs) et un problème d’agencement du poste de
travail ;
il semble y avoir un problème
d’agressions.
Conclusion de l’étude
Cette étude est susceptible de
souffrir de plusieurs biais. Les questionnaires ont été recueillis
par plusieurs médecins de travail, ce qui a induit un biais dans
l’homogénéité des réponses aux questionnaires. Mais c’est
dans l’interprétation des résultats, d’une part par deux
médecins du travail ayant l’habitude de faire ce travail, ayant
une connaissance profonde de l’outil (puisque l’ayant construit
eux-mêmes) et ayant une connaissance concrète de l’organisation
(par leur statut de médecins du travail et les réunions tenues avec
la direction) et d’autre part par une personne qui sait seulement
manipuler et interpréter les résultats du WOCCQ Tool sans aucune
connaissance de l’organisation étudiée. C’est cette dernière
variable qui a probablement une influence sur l’interprétation des
données et qui pourrait avantager l’équipe de médecins de
travail. Et il n’est pas totalement exclu que l’interprétation
des données avec la WOCCQ Tool puisse également être légèrement
influencée par les résultats de l’autre méthode d’évaluation,
malgré l’effort de l’analyste pour rester objectif. En
conclusion, les deux méthodes s’accordent à trouver que :
le service 3 pose problème ;
les veilleurs de nuit et les aides
soignants sont des groupes sensibles ;
il y a un problème de pénibilité du
travail et d’agencement du poste, des difficultés liées aux
locaux, mobilier, et problèmes de maintenance ;
il faut être vigilant sur les
agressions et les violences.
En termes de plan d’actions, cette
évaluation doit être intégrée dans le document unique et des
pistes d’amélioration doivent en être déduites dans les plans
annuels de prévention :
faire un état des lieux des locaux et
matériels et régler les problèmes d’agencement du poste et de
maintenance ;
étudier l’organisation du travail
(procédures et planification) afin de réduire les situations au
cours desquelles les salariés ne peuvent réaliser normalement leur
travail ;
après analyse des besoins, revoir le
plan de formation continue ;
remédier aux problèmes de violences
et d’agressions.
Les résultats avec la méthodologie
WOCCQ sont globalement plus « positifs » que celles de la méthode
Karasek/GHQ12. Les deux méthodes n’identifient pas complètement
les mêmes groupes à risque en tant que structures et en tant que
postes de travail. Les régressions logistiques de l’approche
Karasek/GHQ12 permettent de faire une analyse détaillée des
principaux liens entre les facteurs. Dans l’analyse effectuée avec
cette approche, une place importante est donnée à la violence
psychologique et à l’impression d’usure professionnelle. La
WOCCQ Tool permet des analyses détaillées par groupe à risque
identifié et par dimension. Cependant, les violences ne sont pas un
point qui est apparu comme important.
Ce travail a été réalisé dans un
contexte de prise en compte des RPS en France déterminée par
plusieurs obstacles. Premièrement, nous constatons une
méconnaissance du phénomène par les entreprises, qui se trouvent
probablement dans la phase d’acceptation du sujet. Les intérêts
portés par le gouvernement ne peuvent qu’accélérer cette phase.
Deuxièmement, l’opposition entre l’aspect collectif
(l’organisation du travail) et l’aspect individuel (le stress)
fait des RPS une problématique complexe (à condition,
naturellement, que l’entreprise ait la volonté d’attaquer le
problème à la racine, c’est-à-dire l’organisation du travail,
au lieu de se contenter de faire du palliatif et de traiter les
malades du stress). Troisièmement, la volonté d’aborder le
problème en profondeur se heurte souvent aux multiples organisations
présentes, l’organisation de production, l’organisation de
travail, l’organisation de réseaux… L’« organisation » est
difficile à étudier et à diagnostiquer. Quatrièmement, la
difficulté à passer de la recherche à l’action est avérée.
Enfin, pour des préventeurs, les RPS ne peuvent être enfermés dans
le carcan traditionnel du modèle « risque » avec son danger
identifié. Quel est le danger ? Les conditions de travail ? Quel est
le risque ? Même sur des sites dédiés et dans la littérature, on
constate un manque de définition claire. Et les « experts » des
RPS, souvent médecins ou psychologues, ne disposent souvent pas des
démarches méthodologiques et d’ingénierie associées à
l’analyse des risques traditionnels. L’intégration des RPS dans
le document unique constitue de fait une mission très difficile.
Dans ce cadre, le WOCCQ et le Karasek sont des outils qui permettent
d’aborder la problématique des RPS dans une organisation et de
proposer des pistes d’amélioration.
Remerciements
Nous remercions les Drs P. Presseq et
D. Gautrand pour leur collaboration et l’équipe WOCCQ de
l’Université de Liège pour l’intégration des données du
questionnaire dans la WOCCQ Tool.
1. Il est à noter que le WOCCQ se base
également en partie sur le modèle de Karasek.
2. L’interprétation des scores est
la suivante : <40 : faible ; 40-60 : moyen ; > 60 : élevé.
3. Aucune personne du service 8 n’a
participé à l’enquête. Le service 9 compte cinq participants,
soit 1 % des participants.
4. Note : cette synthèse ne fait pas
partie de la méthodologie WOCCQ mais est une proposition de l’auteur
pour visualiser et interpréter les résultats.
Références
bibliographiques
Karasek RA, Theorell T.
Healthy work. New York: Basic Books, 1990.
Siegrist, J. (1996).
Adverse health effects of high effort—low reward conditions at
work. Journal of Occupational Health Psychology, 1, 27–43.
http://www.woccq.be
http://www.respectophetwerk.be/fr/toolkit
De Keyser, V., & Hansez, I. (1996).
Vers une perspective transactionnelle du stress au travail : Pistes
d’évaluations méthodologiques. Cahiers de Médecine du Travail,
33(3),133- 144.
Hansez, I. (2001). La validation du
WOCCQ : vers un modèle transactionnel du stress et du contrôle de
l’activité de travail, thèse de doctoral, Université de Liège,
Liège, Belgique.
Hansez, I., & De Keyser, V. (2002).
Du diagnostic des risques psychosociaux à la gestion
organisationnelle du stress. In M. Neboit & M. Vezina, Santé au
travail et santé psychique (pp.189-206). Toulouse, France : Octarès.
Collection Travail et Activité Humaine.
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Des employés heureux, font-ils des clients satisfaits ?
Cette enquête a été réalisée dans 32 pays et donne une cartographie précise du bonheur professionnel.
C'est également ce que décrit Vineet Nayar dès 2010, dans son livre "Employees First, Customers Second" (extrait repris dans son article ici en janvier 2012 sur son site).
Son livre bouscule les théories du management qui se basent sur "le consommateur roi", mais il a été reconnu par un bon nombre d'institutions et notamment par Harvard.