vendredi 22 juin 2012
vendredi 1 juin 2012
A quoi ressemblera le dirigeant de demain ? Probablement à Shiva, personnage contradictoire, à la fois dieu destructeur mais créateur d'un monde nouveau. Et dans l'esprit de beaucoup, représentant le multitasking.
"Has been". En interrogeant 4 200 diplômés de grandes écoles, " Grandes Ecoles au Féminin " (GEF) dresse une photographie inédite et surprenante. Le chef d'entreprise loué aujourd'hui pour sa capacité à entretenir un réseau (54%), séducteur et bon orateur (41%), sans renier un certain côté dur pour atteindre ses objectifs (44%), est-il déjà has been ? Oui, à en croire l'étude, puisque dans les qualités attendues du dirigeant de demain, figurent désormais la capacité à savoir piloter et préserver l'intérêt de l'entreprise à long terme (61%), un aspect visionnaire (46%), et une capacité à créer l'innovation (33%) tout en préservant un comportement exemplaire, en interne comme en externe (42%). Bref, le dirigeant de demain serait le reflet inversé du dirigeant actuel...
Extrait de l'étude Grandes Ecoles au Féminin
Sociovision / GEF 5ème étude
Clônage. Pour en finir avec les clichés, ce sont les hommes (81%) et non les femmes (69%) qui placent leur vie privée avant tout. Les femmes sont ainsi davantage enclines à quitter leur entreprise pour progresser dans leur carrière (40% contre 34% pour les hommes). Conséquence, pour 84% des sondés, hommes et femmes donc, " promouvoir des femmes à des postes de direction serait un bon moyen de faire évoluer dans le bon sens le management ", voire même pour 77% " d'en finir avec un certains clonage des dirigeants ". Et si l'avenir c'était elles ?
Humanisme. La crise économique, persistante et perturbante, s'est muée en une crise des valeurs. Souvent décrié pour son immobilisme, son conservatisme et son manque d'humanisme, le management se retrouve en première ligne. " On peut être frappé par l'importance que revêt aujourd'hui la notion de réseau dans le business, reconnait Karine Sanouillet, directrice de la fidélisation au Groupe Casino, et membre du réseau GEF. Et pourtant, c'est la composition même du réseau personnel du dirigeant qui est en évolution. Fini le côté " grandes écoles corporatistes ", avec Internet le réseau s'humanise. On a envie de se mobiliser pour des causes, des valeurs ", explique cette ancienne HEC de 44 ans. Paradoxe de la crise des valeurs, on " humanise " les échanges en se coupant du lien direct. Et on affirme désormais ses positions sur la toile. L'e-réputation comme image du réel.
Mixité. Les sondés demandent donc plus de sens, et une vision à long terme, alors que la crise, stressante, changeante, pousse le dirigeant à une remise en cause quotidienne. Toujours militantes pour une plus grande mixité, notamment dans le top management, les femmes du réseau " Grandes Ecoles au Féminin " souhaitaient dans cette étude " prendre du recul par rapport à la question de la mixité, pour se poser la question de l'accession au pouvoir ", indique Karine Sanouillet. Même si cette question reste leur fer de lance, dans un pays comme la France qui ne compte aucune " patronne " dans le CAC 40, il semble qu'il faille en passer par le cadre législatif pour atteindre un équilibre. Les principales intéressées y sont naturellement très favorables, et militent pour l'accélération de la mixité aux postes de top management (88% vs 62% hommes). Priorité numéro une des dirigeantes donc. Et des politiques ?
dimanche 27 mai 2012
60 % des salariés déclarent travailler dans l'urgence. Et 25 % ont à gérer un travail en une heure au plus, contre seulement... 5 % en 1984. Analyse du phénomène par Patrick Légeron, psychiatre, spécialiste du stress au travail.
La pression est engendrée par deux grands types d'exigence. D?une part, la performance, c'est-à-dire être efficace. D?autre part, le temps, il faut être réactif immédiatement. Les causes sont identifiées, elles relèvent de l'organisation des entreprises, qui travaillent en flux tendus, et des nouvelles technologies car elles ont fait disparaître la notion de temps. Le phénomène de zapping augmente par exemple, c'est-à-dire que les salariés sont sans cesse interrompus par une nouvelle sollicitation demandant aussi d'intervenir en temps réel, comme répondre à un mail d'un client.
Non, et c'est un phénomène nouveau. Longtemps, seuls les cadres étaient concernés. L?enquête TNS-Sofres menée en 2006 sur l'ensemble des travailleurs montrent que tous les salariés sont touchés quelle que soit leur place dans la hiérarchie de l'entreprise. Notons aussi qu'aucun secteur n'y échappe. Cependant, les urbains y sont plus soumis, alors que les agriculteurs restent assez épargnés car ils suivent les cycles naturels.
Un peu de stress est inévitable et très utile : cette réaction naturelle survient devant une difficulté. Le corps sécrète des hormones qui aident l'individu à faire face, comme l'adrénaline ou le cortisol. A partir d'un certain niveau, en revanche, il devient une souffrance.
Les indices peuvent se classer en trois catégories, sur lesquelles se basent les questionnaires d'évaluation. Il y d'abord les signes physiques, la gorge se noue, on ressent des palpitations, des sueurs apparaissent. La psychologie se modifie aussi, ce sont les signes émotionnels, on ressent de l'agacement par exemple. Enfin, le comportement change : accroissement de sa consommation de tabac, de café, d'alcool, diminution de l'appétit ou inversement augmentation. On va aussi se replier ou au contraire se montrer agressif.
Malheureusement, les travailleurs ne font pas attention à ces avertissements, des niveaux trop élevés sont déjà atteints lorsqu'ils réagissent. Ils sont déjà engagés dans la phase ultime, dangereuse pour la santé. Ils peuvent ainsi être victimes du burn out, le syndrome d'épuisement professionnel, tomber dans la dépression, etc.
Il faut solliciter les émotions positives car ce sont des facteurs de protection, on dit également modérateur de stress, qui lui déclenche des émotions négatives. Les émotions positives jouent le même rôle que l'huile ou l'eau du moteur. De façon concrète, il est important de prendre soin de soi par la détente, une alimentation saine, de l'activité physique.
Il convient aussi de ne pas se surinvestir dans son travail, comme il est fréquent chez les cadres passionnés par leur travail. Il est préférable de mettre une certaine distance, en se consacrant à d'autres activités, la musique par exemple.
samedi 19 mai 2012
Etat des lieux 2010
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Attentes
& Perspectives
3 enseignements majeurs
- Le niveau de bien-être au travail est jugé majoritairement satisfaisant par les personnes interrogées. Mais il semble s’être dégradé depuis 6 mois. Une proportion importante de personnes estime que leur travail actuel est susceptible de leur causer de graves problèmes psychologiques.
- Le niveau de bien-être est perçu comme satisfaisant pour 64% des français.
- Mais 45% d’entre eux considèrent qu’il s’est dégradé au cours des 6 derniers mois (59% dans les entreprises de plus de 500 personnes)
- 33% des salariés estiment que leur travail peut provoquer de graves problèmes psychologiques, et une majorité d’entre eux (54%) ne saurait pas vers qui se tourner pour avoir de l’aide.
- Qu’il s’agisse des cadres, des agents de maîtrise, des employés ou des ouvriers, le bien-être au travail représente un vrai sujet. Il correspond à des attentes fortes et très concrètes.
- 88% des personnes interrogées jugent le sujet du bien-être au travail important.
- Bien-être au travail et productivité sont directement liés : 42% estiment que leur performance est affectée par le manque de bien-être.
- La visibilité professionnelle, le temps accordé au dialogue dans l’équipe, l’écoute du management et le confort de l’environnement de travail sont les axes clés à privilégier.
- Bien qu’encore récente et insuffisante, l’action des entreprises sur le bien-être au travail est reconnue et semble même être efficace pour les individus en bénéficiant.
- Un an après le plan d’urgence sur le stress du Ministère du travail, seules 21% des personnes interrogées ont le sentiment que leur entreprise en fait plus pour lutter contre le stress.
- Mais 86% des salariés des entreprises qui ont pris des mesures sont satisfaits de leur niveau de bien-être contre 64% en moyenne. Leur niveau de stress est également sensiblement plus faible.
- C’est dans le domaine de l’organisation du travail dans l’entreprise et de la reconnaissance du travail que les efforts ont été le plus perçus.
Attentes et perspectives
Un niveau de bien-être au travail globalement satisfaisant
Des salariés inquiets de la dégradation de leur qualité de vie au travail
Le bien-être au travail : puissant vecteur d’engagement des salariés français
mercredi 18 avril 2012
vendredi 6 avril 2012
POUR UNE CROISSANCE VERTE
Créer un commissariat au développement durable confié à une personnalité de premier plan,
sanctuariser les financements de la recherche dans les éco-industries, impliquer davantage les
organisations professionnelles et, enfin, élaborer une véritable politique nationale en faveur de
la responsabilité sociale des entreprises, notamment à travers la fiscalité : telles sont quelques unes
des dix propositions que l' association patronale Entreprise et progrès , inquiète de
l'affaiblissement de l'"esprit Grenelle", doit révéler le 20 janvier pour que la croissance verte
devienne une réalité en France.
lundi 2 avril 2012
La valeur travail a du plomb dans l'aile
6000 auditeurs ont répondu au questionnaire de la grande enquête de Radio France dédiée au travail publiée ce 23 janvier. Verdict : le goût du travail existe encore, mais c'est la dernière priorité après la famille et les loisirs ! Les chiffres pour en débattre...
publié le 23/01/2012
La valeur "travail" serait-elle dépassée ? Ce lundi 23 janvier les antennes de Radio France dévoilent et commentent les résultats d'une grande enquête sur le travail (1) menée auprès de 6000 auditeurs des différentes stations (France Inter, France Info, France Bleu, France Culture, le Mouv'.... L’entreprise livre quelques-uns des chiffres qui rendent optimistes ou au contraire qui fâchent.
La bonne nouvelle ?
Plus de la moitié (55%) des répondants sont contents d'aller travailler le matin (30% de mécontents quand même).
54% estiment par exemple que leur situation personnelle au travail s'est améliorée ces dernières années, 67% chez les plus de 50 ans. Même chez les moins diplômés (qui n'ont pas au moins le bac) une majorité est contente de son sort professionnel : 64%.
La mauvaise nouvelle ?
2/3 des répondant se disent malgré tout insatisfaits au travail :
70% ont envie de changer d'emploi.
A la question "Comment ressentez vous votre emploi ?", seulement 5% répondent "C'est formidable", 25% "C'est bien". Pour 24% "C'est dur mais j'y arrive". Pour 13% "C'est tellement dur que j'ai envie de partir". Pour 25% C'est "Je suis fatigué"... Au total 30% de Français satisfaits au travail et 70% de mécontents !
Rejet de la course à la rentabilité et nostalgie du travail bien fait
Comment expliquer le décalage entre ces 55% de personnes contentes d'aller travailler le matin et ces 70% d'insatisfaits ? Les résultats de l'enquête ont été analysés par un sociologue (Dominique Meda), un médecin psychiatre (Patrick Légeron, spécialiste du stress professionnel ) et un philosophe (Yves Schwartz, qui vient d'inventer une nouvelle discipline, l'ergologie, l'analyse du travail dans sa complexité).
L'insatisfaction chez ceux qui souffrent au travail s'expliquerait par les conditions de travail. Montrés du doigt, la priorité absolue donnée à la rentabilité, la perte et la nostalgie du travail bien fait (qui n'est plus reconnu à sa juste valeur), les managers obsédés par la logique financière... Bref le malaise domine, l'organisation du travail s'est déshumanisée. Travailler perd de son sens.
Le travail n'est plus la priorité...
Dans ces conditions, pas étonnant que le risque de désinvestissement au travail menace. A la question "Quelle est votre priorité dans votre vie ? Travail, Famille Loisirs ? ", le travail n'arrive en tête que chez moins de 12% des répondants (63% désignent la famille, 18% les loisirs). C'est encore plus faible chez les personnes ayant le niveau d'études le moins élevé (8,5% en font leur priorité numéro un dans la vie).
Mais plus inquiétant encore, chez ceux qui ont fait des études supérieures (au moins 2 ans), le pourcentage n'atteint même pas 13% ! "Symptôme du repli sur soi", selon Yves Schwartz, "Montée de l'individualisme" pour Dominique Méda. Les chefs d'entreprise y déploreront une fois de plus l'effet néfaste des 35 heures. Ce que les chiffres semblent corroborer : 74% des personnes répondantes sont favorables à la Réduction du Temps de Travail (14% sont contre). Autre indicateur, les réponses à la question "Le travail est il selon vous un droit, un devoir, ou une obligation ? " :"Un droit" recueille 48% des avis, "Une obligation" 30%, "Un devoir" 16% seulement...
...L'argent non plus !
Le questionnaire proposait de choisir deux qualités principales parmi huit qu'apporte "le travail idéal", moins de 10% mentionnent un job "qui rapporte beaucoup d'argent" loin derrière un job "qui laisse beaucoup de temps libre". Les principales qualités du travail idéal seraient en fait d'abord un job "qui permette de continuer à apprendre" (48%) et un "travail qui donne l'impression de réussir quelque chose" (40%). Pour le sociologue Dominique Meda, c'est bien le signe que les l'épanouissement personnel "a pris le pas sur les attentes matérialistes !". D'ailleurs pour leurs enfants, 75% souhaitent "un métier épanouissant" et seulement 3,5% un "métier qui rapporte de l'argent"...
Au slogan sarkozyste "Travailler plus pour gagner plus" (qui ne recueille plus que 4% d'adhérents), on préfère le "Travailler autant pour autant d'argent mais travailler mieux" (51%) ou à la rigueur "Travailler moins pour travailler tous" (36% d'adhérents).
"Gagner plus n'est vraiment pas au centre des préoccupations d'un vaste échantillon de personnes qui à 70% estiment qu'un salaire net inférieur à 2000 euros permet de vivre correctement", observent les auteurs.
(1) Retrouvez l'intégralité des résultats, des analyses et des commentaires à dans l'ouvrage "Quel Travail Voulons Nous ?" Editions les Arênes 18€50).