mercredi 19 septembre 2012

Le stress chronique : une influence néfaste

Le stress chronique : une influence néfaste



Cancer : le stress chronique aurait une influence néfaste

Le stress chronique semble accélérer le raccourcissement des extrémités des chromosomes, un facteur intrinsèque favorisant la survenue d'un cancer, selon une étude présentée à un congrès mondial sur la recherche en cancérologie*, qui s'est achevé mercredi 6 avril à Orlando en Floride (USA).
Le stress psychologique chronique, d'une part, est de plus en plus évoqué comme un facteur contribuant au développement du cancer et à la croissance des tumeurs. D'autre part, les extrémités des chromosomes, appelées télomères, raccourcissent et se détériorent avec l'âge et le temps.
Toutefois, l'action du stress sur ces structures reste indéterminée, mais selon de nombreuses hypothèses, elle pourrait constituer un mécanisme expliquant un lien de cause à effet avec la survenue d'un cancer. C'est pourquoi, des chercheurs américains ont analysé des cellules du sang sur prélèvements biologiques effectués chez 31 femmes atteintes d'un cancer du col et réparties entre deux groupes:  l'un bénéficiant de six séances de soutien psychologique ; l'autre d'une prise en charge standard.
Les séances de soutien ont ainsi permis de dresser un profil de qualité de vie et un profil psychosocial, de gérer le stress et les émotions, de favoriser une sensation de bien-être et de minimiser les inquiétudes relationnelles et sexuelles invoquées par les patientes.
De nouveaux prélèvements ont été effectués au bout de quatre mois de prise en charge pour l'analyse chromosomique des cellules sanguines. Une amélioration de la qualité de vie et une réduction de la réponse au stress ont de fait été associées à des variations de la longueur des télomères, ont rapporté les auteurs de ces travaux.
Si ces derniers n'en sont qu'à un stade préliminaire, il ne fait nul doute que l'amélioration de la qualité de vie des patients cancéreux permet d'influencer positivement l'évolution de leur maladie, avec une meilleure gestion du stress et un ralentissement - observé de façon concomitante - du raccourcissement des télomères, reconnaissent-ils.
*Congrès de l'American Association for Cancer Research (AACR), 2-6 avril 2011 à Orlando (Floride).


vendredi 14 septembre 2012

QUELQUES IDEES SIMPLES POUR EVACUER NOTRE STRESS

Quelques idées simples pour évacuer notre stress


Personne n’est à l’abri du phénomène de stress et de ses conséquences. Ce phénomène complexe et d’origine multifactorielle, parfois compliqué à faire disparaître, est connu aussi pour aggraver de nombreuses fonctions immunitaires. Les évolutions et modifications de nos sociétés apportent de nouveaux comportements et modes de vie qui tendent à compromettre notre équilibre.
Pour ne pas se sentir noyé dans le stress, il existe plusieurs mesures préventives avant que les conséquences ne resserrent leurs étreintes ou ne vous poussent à des solutions plus contraignantes. Sans oublier de consulter un professionnel de santé dans le cas d’inquiétudes sur des symptômes liés à des pics de stress, il est aussi de bonne augure de pratiquer quelques gestes simples et astuces pour contrer le mauvais stress.
C'est à chacun de se demander quelle qualité de vie il veut. Si le maintien du stress n’est pas toujours la volonté, il existe généralement des priorités, qu’il faut reconnaître parfois avec des méthodes nouvelles. Voici 9 manières et idées simples pour évacuer le stress et mieux accueillir ou appréhender les périodes où tout ne semble pas se passer correctement dans votre environnement quotidien.

9 manières simples pour évacuer le stress

1. Compter sur ses amis et la famille
Les rapports sociaux sur les réactions au stress permettent de se libérer de nombreuses tensions. Se reposer sur les « autres », pouvoir se reposer avec confiance sur un ami ou un membre de la famille permet souvent de prendre du recul et apprécier les situations avec plus de justesse. Bien que cette démarche ne soit pas toujours simple, c’est par « le » réseau d’amitiés vers lequel vous tourner afin de partager vos ennuis et obtenir des conseils et remarques nécessaires à l’épanouissement.
Dans ce réseau amical et familial, il est nécessaire de bien choisir les personnes à qui vous confier. Il est donc nécessaire d’éviter de fréquenter les gens qui prennent mais ne donnent jamais en retour, ceux qui ont des sautes d’humeur ou qui sont déprimés en permanence.
L’arrivée des réseaux sociaux (Facebook en particulier) est aussi un moyen de garder le contact avec ses proches à distance, mais ne nous y trompons pas, il s’agit d’un moyen complémentaire qui n’est pas sans risque et qui ne doit pas remplacer l’échange « physique » et la communication traditionnelle.
2. Nettoyage de printemps à tout moment
Notre environnement de vie est primordial dans la perception de notre notre monde et des événements que nous vivons. Pour améliorer notre quotidien et éclaircir notre perception, un petit coup de balai sur notre environnement matériel est toujours intéressant.
Vous pouvez par exemple trier/donner/recycler/jeter vos vieilles piles de revues, magazines, recettes périmées et autres formulaires administratifs dont vous n’avez plus besoin (mais que vous gardiez au cas ou…). Un lieu de vie bien ordonné et rangé réduira et évitera le stress ou l’énervement de ne pas s’y retrouver. Surtout lorsque la recherche d’un objet ou d’un document dont vous avez besoin. Retrouver ses objets sans tracas vous procurera un sentiment apaisant et réduira l’anxiété.
3. Ne pas faire tout à la dernière minute
Trop souvent nous ne mesurons pas la force de l’anxiété sur la perte d’estime de soi et des conséquences sur notre bien-être. Lors de prise de rendez-vous (professionnels ou amicaux), c’est l’occasion de s’y prendre correctement et arriver à l’heure en prenant compte des aléas et retards possibles sur notre chemin. Prévoir d’arriver quelques minutes en avance pour un rendez-vous sera donc très judicieux pour avoir une belle image de soi et ne pas irriter la personne qui vous attend.
Idem pour vos obligations administratives (paiement de vos factures, etc.), prévoyez à l’avance en utilisant par exemple un rappel automatique sur votre téléphone portable (très simple et sans contrainte, vous pouvez enregistrer des alarmes de rappel pour anticiper). Et comme le dit si bien bien le proverbe « Prévoyance est mère de sûreté », et c’est aussi l’occasion de ne pas gâcher d’énergie en se mettant une pression inutile.
4. Rédiger un carnet de bord
Pour mieux anticiper les plaisirs et contraintes de la vie, il est souvent utile de les décrire et de les matérialiser à l’écrit pour prendre un meilleur recul. Pour faire le point sur vos envies, vos obligations, vos rêves, vos missions, vos émotions et tous les objectifs personnels liés à votre vie sociale. Pour ce faire, prenez un carnet (celui qui vous plaira, mais en optant pour un format pratique pour vos déplacements) et notez-y régulièrement toutes vos angoisses et ce qui vous passe par la tête.
Ne vous jugez pas, notez simplement des listes de vos pensées à court, moyen et long terme. Ceci vous permettra de prendre plus de recul, de mieux déterminer les comportements et attitudes à engendrer. Écrire c’est aussi écouter une plume gratter le papier, se procurer une détente et couper un peu du monde numérique qui envahit notre quotidien. Régulièrement, barrer les objectifs que vous avez atteints, corrigez-les ou annotez-les bien de remarques après vos périodes de réflexion. Dans ce carnet de bord, vous pouvez y glisser un calendrier ou un semainier pour dresser vos listes dans le temps et voir vos corvées ou vos désirs se réaliser.
5.  S’organiser c’est gagner du temps
Il n’est pas rare que nous accumulions des documents de tous types (factures, lettres, cartes de visites…). Ces derniers sont autant de souvenirs auquel il est désagréable de ne pas pouvoir y accéder après leur acquisition. Afin d’éviter de l’anxiété, il semble important de choisir un rangement facilitant l’accessibilité.
De nombreuses astuces existes et plusieurs systèmes de rangement simples permettent de s’y retrouver. Mais le nerf de la guerre sera aussi de s’y tenir et bien placer vos documents au quotidien sans remettre à plus tard cet élément essentiel dans l’évacuation du stress. Prendre quelques minutes au quotidien pour le rangement de votre lieu de vie principal et de ses pièces de vie, vous assurera une meilleure vision et anticipation.
6. La détente et la relaxation ne tombe pas du ciel
La pratique de la relaxation n’est pas sans incidence sur l’amélioration de notre vie quotidienne : se poser, respirer profondément, intérioriser et imprimer des bons moments, trouver la paix et le calme face à des étapes délicates de la vie, se masser… Garder le lien social c’est aussi garder le lien avec soi-même et écouter sa personne profonde.
Le Yoga, la Sophrologie, la Médication, le Massage et tout ce qui peut permettre de mieux se concentrer et canaliser son énergie sera utile pour diminuer les facteurs de stress et d’anxiété.
Bien maîtriser et régulière, la détente simple, comme la sieste, permet de diminuer et contrer le niveau d’hormones de stress dans le sang, en stimulant la production de la sérotonine par le cerveau. Vous pourrez aussi mieux maîtriser votre respiration, qui a une place prépondérante dans la relaxation et le sentiment de bien-être.
7. Ne chargez pas la mule, suivez les étapes…
Nous sommes gourmand et trop souvent nous plaçons la barre trop haut. Cette attitude peut perturber au quotidien notre vision et contribuer à un mal-être. Afin de réduire le stress que peut procurer se besoin de performance, il est sage de sélectionner les objectifs et choses à faire les plus importantes sur le long terme (prendre soin de soi, s’occuper de ses proches, faire du sport, se nourrir correctement…).
C’est toujours plus simple à dire qu’à faire, alors n’hésitez pas à utiliser votre carnet de bord et à choisir les bonnes personnes pour parler de vos volontés et de vos tracas sur les manières d’atteindre vos envies et objectifs.
Vous trouverez des solutions efficaces si vous prenez le temps d’en parler et si vous faites confiance à des personnes qui pourront vous aider et pourquoi pas abattre des tâches à votre place avec plaisir. Se rendre service entre amis c’est aussi l’un des moteurs qui améliore les rapports humains, mais il faut en parler et ne pas attendre la « main aidante » qui viendra souvent trop tard si vous ne vous manifestez pas.
8. Prendre du temps pour vous-même
La vie moderne ne laisse pas toujours le choix, mais apprendre à se donner du temps est une priorité pour se sentir plus léger. C’est aussi le moyen le plus agréable pour affronter la vie avec les bonnes « armes ». « Faire une pause », vous permettra d’apprendre à relâcher les tensions et à régénérer votre enthousiasme, en pensant aux bons moments vécus dans votre vie passée.
Pour ce faire, réservez-vous un peu de temps chaque semaine, et apprenez à renoncer à certaines activités, pour profiter de ces moments pour vous détendre. Prenez le temps de faire une marche dans la forêt la plus proche ou en écoutant de la musique en contemplant la Nature.
Et surtout protégez-vous pendants ce temps des pensées et informations négatives ou des catastrophes du Monde. Vous pourrez revenir à ces réalités une fois que votre détente vous aura apporté une énergie plus combattante pour les apprécier sans créer d’angoisses excessives.
9. Pratiquez le sourire et le rire !
La réduction des tensions et du stress ne peut se passer sans la pratique du rire. Améliorant la perception de notre douleur et contribuant à un meilleur fonctionnement de notre système immunitaire, le rire participe souvent à la réduction de l’anxiété et apporte une certaine complicité Le processus du rire déclenche de nombreux phénomène sur notre organisme. Il engendre une production d’endorphines dont l’action est de soulager la douleur, ce qui apporte un sentiment de bien-être, de plénitude.
Le rire permet aussi d’oxygéner l’organisme, d’amener une réduction des tensions musculaires, et de libérer de nombreuses petites tensions au travers du même processus qu’un massage en faisant par exemple travailler le diaphragme. Les effets stimulant du rire contribueront donc à votre détente et votre bien-être. Prenez donc le temps de retrouver les livres, anecdotes, films, pièces de théâtre et tout ce qui pourra vous amener à rire.


Sources
3. http://stressandhealth.org/
4. « Le stress au travail »  via inrs.fr 
5. « Le rire » via passeportsante.net
7. « La relaxation pour tous. Conseils, exercices et astuces pour rester zen au quotidien » par Henri Brunel, éditions Librio. ISBN 2290342610.

vendredi 7 septembre 2012

Des employés heureux, font-ils des clients satisfaits ?





Les sept chantiers de la grande conférence sociale des 9 et 10 juillet 2012

Une « grande conférence » sociale est programmée par le gouvernement les 9 et 10 juillet au palais d'Iéna, à Paris. Contrat de génération, temps de travail, égalité professionnelle, ou encore qualité de vie au travail font partie des thèmes qui seront abordés par les partenaires sociaux à cette occasion.
Image d'illustration de l'article Mardi 5 juin, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a reçu la CGT, la CFDT, la CGT-FO, la CFTC et la CFE-CGC, ainsi que le Medef, la CGPME et l’UPA.
Une réunion tenue en présence de Michel Sapin, ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, de Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé, d’Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, et de Marylise Lebranchu, ministre de la réforme de l’Etat, de la décentralisation et de la fonction publique.
Suite à cette rencontre, Michel Sapin a expliqué le cadre méthodologique de la grande conférence sociale qui aura lieu les 9 et 10 juillet prochains. Elle sera structurée en sept tables rondes thématiques, présidées chacune par un ou une ministre et une personnalité compétente dans le domaine :
  • l'emploi, et tout particulièrement l'emploi des jeunes, avec les contrats de génération, les emplois d'avenir, mais aussi le marché du travail et les licenciements ;
  • le developpement des compétences, avec notamment la formation tout au long de la vie et le congé individuel de formation ;
  • la rémunération et le pouvoir d'achat, dont le SMIC et son indexation, les minimas par branche, les bas salaires, les heures supplémentaires, l'intéressement, la participation et les salaires des dirigeants d'entreprises ;
  • le redressement de l'appareil productif national ;
  • l'égalité professionnelle entre hommes et femmes, et tout ce qui touche à la qualité de vie au travail ;
  • l'avenir des retraites et le financement de la protection sociale ;
  • l'Etat, les puissances publiques, les collectivités et le service public, les services publics et la fonction publique.
La conférence sera ouverte le 9 juillet par le président de la République. Elle sera conclue le 10 juillet par le Premier ministre, qui, après ces deux jours d'échanges, donnera "l'agenda précis, les matières, les méthodes et le calendrier", a indiqué Michel Sapin. "La grande conférence sociale, c'est le début d'un processus", a-t-il souligné.

mardi 28 août 2012

Rapport "le travail et l'emploi dans vingt ans...

Rapport "Le travail et l'emploi dans vingt ans : 5 questions, 2 scénarios, 4 propositions"

Vincent Chriqui, Directeur général du Centre d'analyse stratégique a rendu public, le rapport du Centre d'analyse stratégique "Le travail et l'emploi dans vingt ans : 5 questions, 2 scénarios, 4 propositions", en présence d'Odile Quentin, Présidente du groupe de travail et de Jean-Denis Combrexelle, Directeur général du Travail.
Alors que la France connaît un chômage de masse depuis trente ans et que se manifeste depuis quelques années, sinon une crise du travail, du moins une forme de crise managériale au sein des entreprises, ces deux phénomènes ont été encore accrus par la crise financière, économique et sociale de 2008-2009.
Plus que jamais, l’emploi – depuis quelques décennies déjà – et le travail – avec un regain depuis peu – sont au cœur des préoccupations quotidiennes de nos concitoyens. Or, la “réflexion stratégique” ou l’“expertise” n’ont pas vocation à être coupées du monde, mais doivent être mises au service de l’intérêt général, en réponse aux attentes de la société.
Le Centre d’analyse stratégique a donc souhaité analyser les profondes mutations du monde du travail face à la persistance du chômage de masse, face à l’accélération de la mondialisation, face à la diffusion des nouvelles technologies (notamment celles de l’information et de la communication), face aux évolutions sociétales enfin. La crise peut avoir infléchi ou accéléré certaines tendances structurelles, mais elles sont plus anciennes et, pour beaucoup d’entre elles, sans doute amenées à se poursuivre.
Ce travail prospectif très large s’inscrit dans la lignée de précédents rapports réalisés par le Commissariat général du Plan (en 1975 déjà et, plus récemment, en 1995, avec le rapport du groupe présidé par Jean Boissonnat).
Il ne s’agissait pas de réexaminer les précédents rapports pour dire ce qui s’est “réalisé” ou non – ce n’est pas l’objet de la prospective – ni de voir de quel scénario nous nous sommes finalement rapprochés. Il s’agissait bien de produire un nouveau travail de prospective en reprenant l’ensemble du sujet au regard des préoccupations actuelles et des nouveaux outils d’analyse disponibles.
Surtout, ce rapport a privilégié une approche volontairement concrète du travail et de l’emploi, examinant notamment les dimensions microéconomiques de ces questions, du point de vue du salarié mais aussi de l’entreprise. Car au-delà de l’interrogation sur le nombre d’emplois ou le niveau du chômage dans vingt ans, l’analyse menée par le groupe de travail révèle que la nature du travail elle-même est soumise à des inflexions notables, qui concernent directement les individus.
Aussi le rapport s’est-il concentré sur des évolutions plus qualitatives du travail et de l’emploi, mobilisant d’autres travaux plus quantitatifs conduits récemment par le Centre d’analyse stratégique (qu’il s’agisse du rapport d’avril 2011, France 2030 : cinq scénarios de croissance, élaboré avec la DG Trésor, ou des travaux de prospective des métiers et des qualifications).
De l’ensemble de ces travaux, il ressort un certain nombre de tendances lourdes, sans doute amenées à se poursuivre, pour une grande partie, dans les deux prochaines décennies. À l’horizon 2030, la France sera plus peuplée et plus âgée, mais continuera de bénéficier d’une population active en progression. Malgré des scénarios de croissance contrastés, les créations d’emplois devraient demeurer dynamiques et le marché du travail sera plus concurrentiel pour les entreprises, avec un niveau de chômage structurel inférieur à ceux des vingt dernières années. Le “travail” tel que nous le connaissons sera transformé, notamment sous l’effet d’évolutions sociétales et technologiques profondes : l’individualisation de la société, la diffusion généralisée des technologies numériques, les préoccupations éthiques et écologiques.
Parmi les différentes dynamiques à l’oeuvre identifiées par le groupe de travail, le rapport met en particulier l’accent sur la poursuite de l’éclatement des univers du travail, à la fois temporels, spatiaux et organisationnels. Cela se traduit par une
segmentation accrue “des mondes du travail” et une hétérogénéité croissante des situations mais aussi des attentes des salariés, des entreprises, des secteurs d’activité ou des territoires.
L’affaiblissement du lien de subordination dans l’univers professionnel, une demande forte d’autonomie dans le travail et de meilleure articulation entre vie privée et vie
professionnelle vont en outre profondément structurer les relations de travail et d’emploi. De même, les décennies qui sont devant nous seront celles de la poursuite de la diffusion des TIC dans les entreprises et de l’essor du travail nomade.
Enfin, cette période sera marquée par la croissance et la différenciation des mobilités professionnelles, dans un contexte de flexibilité organisationnelle et temporelle grandissante.
Au total, les tendances qui se dégagent pourront apparaître sombres pour les uns, rassurantes pour les autres. Chacun aura son interprétation, mais on peut d’ores et déjà souligner trois points :
  • d’abord, la période considérée, s’agissant du regard rétrospectif, est celle des trente dernières années, parfois qualifiée de “Trente piteuses”. Or, même si la prospective ne consiste pas à simplement prolonger les tendances, elle aurait du mal à faire totalement abstraction de ces réalités passées. Malgré cela, ce rapport ne nous montre pas un avenir noir. Plus complexe sans doute, avec des schémas et des équilibres anciens, déjà mis à mal aujourd’hui et amenés à s’affaiblir encore, mais aussi ouvert sur de nouvelles perspectives ;
  • ensuite, en prenant une période de référence plus courte, on peut noter des éléments positifs : la forte baisse du chômage avant la crise, à des niveaux inconnus depuis vingt-cinq ans ; une bonne résistance de l’emploi relativement à l’ampleur de la crise ; une amélioration des taux d’activité des seniors depuis plusieurs années ; une pause dans l’intensification du travail (intensification à mettre elle-même en perspective avec l’amélioration des conditions de travail sur le très long terme) ;
  • enfin, s’agissant plus spécialement de la situation de l’emploi, ce rapport dessine pour l’avenir une situation plus favorable, quelles que soient les incertitudes sur le modèle de croissance de l’après-crise. Et cela ne pourra qu’avoir un impact favorable sur la qualité au travail.
Bien évidemment, à partir des tendances constatées, les évolutions à venir peuvent prendre plusieurs chemins, qui ne dépendent pas que de l’action de l’État, en France. Le rapport a retenu deux scénarios possibles, tenant compte non seulement des évolutions spécifiques du travail et de l’emploi, mais aussi de facteurs de contexte, notamment au niveau international.
Ces deux scénarios, comme le travail d’analyse qui a servi à leur construction, interrogent les politiques publiques à de nombreux égards : comment l’État peut-il accompagner ou réguler ces tendances pour favoriser l’emploi et la qualité du travail ? Face aux critiques récurrentes, et parfois au constat d’impuissance, de l’État “prescripteur”, quelles modalités d’intervention sont désormais opportunes pour la puissance publique dans la sphère travail-emploi ? Avec quel impact sur le rôle qu’ont également à jouer les partenaires sociaux et la société civile ?
Par ailleurs, au-delà du strict champ travail-emploi, le panorama proposé par le rapport est vaste et concerne l’ensemble des politiques publiques, y compris les politiques industrielle, fiscale, éducative ou la régulation internationale de la mondialisation. Mais les enjeux mis en avant par le groupe de travail nourrissent surtout des propositions pour faire évoluer les politiques de l’emploi, pour favoriser et sécuriser la mobilité professionnelle et améliorer la qualité du travail.
Le groupe s’est attaché à apporter des réponses concrètes à ces enjeux, en tenant compte du contexte actuel (sortie de crise, réduction des déficits publics), mais en ayant surtout le souci d’anticiper et de préparer les évolutions identifiées pour l’avenir, qui incitent à s’interroger sur la conception, la mise en œuvre et le rôle des acteurs des politiques de l’emploi et du travail.
Le présent rapport formule à cet égard des analyses et des propositions qui vont enrichir la réflexion du Centre d’analyse stratégique sur les politiques publiques et ont vocation à irriguer une partie de ses travaux dans le champ du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle au cours des prochaines années.
Je tiens à remercier l’ensemble des membres du groupe de travail, et en premier lieu sa présidente, Odile Quintin, ainsi que l’équipe des rapporteurs du CAS et de l’IGAS, pilotée par Hugues de Balathier-Lantage

dimanche 15 juillet 2012


Stress au travail

Privilégier la prévention collective

Plus d’un salarié européen sur 5 déclare souffrir de troubles de santé liés au stress au travail. Le phénomène n’épargne plus aucun secteur d’activité. La démarche de prévention collective consiste à réduire les sources de stress dans l'entreprise en agissant directement sur l'organisation, les conditions de travail, les relations sociales…
On parle de stress au travail quand une personne ressent un déséquilibre entre ce qu’on lui demande de faire dans le cadre professionnel et les ressources dont elle dispose pour y répondre. Les situations stressantes qui s’installent dans la durée ont toujours un coût pour la santé des individus qui les subissent. Elles ont également des répercussions négatives sur le fonctionnement des entreprises (turnover, journées de travail perdues, perte de qualité de la production, démotivation parmi les équipes…).
Bon stress ? Mauvais stress ?
Selon des idées répandues, le bon stress permettrait aux salariés de donner le meilleur d’eux-mêmes, tandis que le mauvais stress rendrait malade. Il n’y a pourtant scientifiquement ni bon, ni mauvais stress mais un phénomène d’adaptation du corps rendu nécessaire par l’environnement. Il faut en revanche différencier « stress aigu », et « stress chronique » qui ont des effets distincts sur la santé.
L’état de stress aigu correspond aux réactions de notre organisme quand nous faisons face à une menace ou un enjeu ponctuel (prise de parole en public, changement de poste, situation inattendue…). Quand la situation prend fin, les symptômes de stress s’arrêtent peu après.
L’état de stress chronique est une réponse de notre corps à une situation de stress qui s’installe dans la durée : tous les jours au travail, nous avons ainsi l’impression que ce que l’on nous demande dans le cadre professionnel excède nos capacités. Le stress chronique a toujours des effets néfastes pour la santé.

Faire le lien entre stress et travail

Les cas de stress dans l’entreprise sont parfois niés ou attribués uniquement à la fragilité ou à l’inadaptation au poste de certains salariés. Face à des symptômes de stress, il est pourtant primordial de rechercher les liens possibles avec le contexte professionnel. La surcharge de travail, des objectifs insuffisamment définis, des relations difficiles avec la hiérarchie, un manque d’autonomie peuvent être en cause. Si des facteurs de stress liés au travail sont mis en évidence, des mesures de prévention adaptées permettront en priorité de les supprimer ou, au moins, de les réduire.
Stress au travail : le cas d’une salariée dans un service administratif
« Le matin, quand je pense à ce qui m'attend, ça m'affole déjà. Je suis constamment interrompue par des gens qui me demandent des renseignements que je n'ai pas, par des collègues qui rentrent dans mon bureau pour consulter des dossiers. Mon supérieur me pose les dossiers sur la table à 18 heures pour que je les boucle pour le lendemain. Et ce logiciel que je n’arrive pas à faire marcher… Je cours. Je suis fatiguée, je rumine… ».
De quoi s’agit-il ?Cette salariée ne dispose pas des ressources suffisantes pour faire face aux demandes auxquelles elle doit répondre. Elle est dans un état de stress chronique. Les difficultés qu’elle rencontre sont liées à l'organisation et à la nature de son travail.
Que faire ?Les mesures de prévention pourraient ici porter sur une meilleure planification du travail, une organisation permettant de concentrer les demandes de renseignements à certaines heures de la journée, une formation aux outils informatiques utilisés…

Prévenir efficacement le stress

Le chef d’entreprise doit veiller à protéger la santé et la sécurité physique et mentale de ses salariés au travail. Pour remplir cette obligation, il doit privilégier les actions de prévention collective. Celles-ci permettent en effet d’agir sur les causes du stress plutôt que sur ses symptômes. L’INRS propose de mettre en œuvre une démarche de prévention en 5 étapes.
Exemples de mesures de prévention du stress au travail
  • Former l’encadrement aux méthodes de management participatif permettant d’associer les salariés aux décisions les concernant
  • Améliorer la communication concernant les objectifs de l’entreprise
  • Donner la possibilité aux salariés de s’exprimer sur les dysfonctionnements qu’ils repèrent
  • Adapter la charge de travail en fonction des éléments à la disposition des salariés pour effectuer leur tâche
  • Donner la possibilité aux salariés d’utiliser leurs compétences
  • Former le personnel aux nouveaux outils de communication
D’autres types d’actions contre le stress existent, visant à renforcer la résistance individuelle des salariés : gestion individuelle du stress, formation à la gestion des conflits, thérapies cognitives… Leurs effets bénéfiques ne sont cependant que de courte durée si des mesures ne sont pas prises pour limiter les causes de stress.
Mis en ligne le 16 septembre 2011

mardi 3 juillet 2012


Le ministère du Travail délivre des indicateurs de stress

Le collège d'expertise sur le suivi statistique des risques psychosociaux, mis en place au sein du ministère du Travail, rend publique une liste de situations génératrices de mal-être au travail qui constituent autant d'indicateurs de risques psychosociaux.




En 2008, Philippe Nasse et Patrick Légeron remettaient leur rapport sur les risques psychosociaux au ministre du Travail. Ils recommandaient aux services statistiques du ministère du travail (Dares) de prendre en charge l'élaboration des indicateurs de risques psychosociaux. La Dares vient de publier un document qui liste les six dimensions du travail susceptibles de générer de la souffrance mentale.

Les exigences du travail

La notion de "pression" revient régulièrement dans les débats lorsqu'on parle de risques psychosociaux. Près d'un quart des actifs estiment qu'on leur demande, régulièrement ou non, une quantité de travail excessive, surtout les cadres et les professions intermédiaires. Trop de travail qui, par ailleurs, doit être effectué dans des délais de plus en plus raccourcis, estiment près de la moitié des actifs. Certains salariés déplorent également l'éparpillement des tâches : devoir s'interrompre pour passer à une autre activité et penser à trop de choses à la fois.

Les exigences émotionnelles

Le contact avec le public n'est pas un facteur particulier de risques psychosociaux, mais il n'est toutefois pas exempt de tensions : agressions verbales voire physiques, injures, menaces.
Le contact avec la souffrance des autres est en revanche davantage porteur de risques psychosociaux. "Les travailleurs du secteur sanitaire et social, des transports, des banques ou de l'administration déclarent relativement souvent connaître de telles situations émotionnellement éprouvantes..."
Enfin s'il est une émotion porteuse de stress c'est bien la peur. Un actif sur trois connait ce sentiment souvent ou occasionnellement. La peur naît de situations distinctes : peur d'un accident, d'une agression physique ou d'une violence morale.

Le manque d'autonomie et de marges de manoeuvre


Se sentir entravé dans son travail est aussi un facteur de mal-être. Cela va d'un manque de liberté dans l'exécution du travail à l'impossibilité d'organiser son temps de travail et ses pauses. Ne pas pouvoir user de ses compétences ou ne pas pouvoir les développer est aussi source de stress. "La monotonie ou l'ennui excessifs peuvent favoriser des troubles psychiques".

Le manque de soutien social et de reconnaissance au travail


L'individualisation gagne du terrain sur le collectif. Ce phénomène est l'un des facteurs qui explique la progression des risques psychosociaux. Le manque d'entraide et de soutien de la part des collègues et de la hiérarchie sont montrés du doigt.
Le manque de reconnaissance au travail, un sentiment d'inutilité pour certains et, dans le pire des cas, le harcèlement moral contribuent aussi à générer du stress.

Les conflits de valeur


Autre élément à ne pas négliger, les conflits de valeurs. Un tiers des salariés doivent, souvent ou de temps en temps, faire face à des "conflits éthiques entre les exigences professionnelles et les valeurs personnelles ou professionnelles", générant un état de mal-être.

L'insécurité de l'emploi et du travail


Enfin, l'étude souligne la peur de perdre son emploi comme facteur anxiogène. A laquelle il faut ajouter une précarisation croissante des emplois. Les ouvriers de l'industrie sont tout particulièrement concernés.
Soulignons que dans un contexte de report de l'âge de départ à la retraite à 62 ans, 37% des actifs avouaient en 2005 ne pas se sentir capables de faire le même travail jusqu'à 60 ans.